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Actus CORUM Actus CORUM 19/10/2018

Au nom de la mer - de la côte de granit au Grand bleu

Forcément, lorsqu’on naît en Bretagne Nord, il est plus facile de nouer une relation particulière avec la mer. Et si parfois il s’en méfie, Nicolas Troussel lui voue surtout une profonde affection.


Pour comprendre l’amour que porte Nicolas Troussel à la mer, il faut remonter vers le nord de la Bretagne et s’enfoncer à pied vers la cabane des douaniers de la pointe de Primel. Puis regarder la mer, s’arrêter un instant sur les Chaises de Primel, ces gros rochers qui affleurent à quelques centaines de mètres du rivage, et que l’on voyait alors de la maison familiale des Troussel. Les jeunes marins qui grandissent dans la région n’ont pas leur pareil pour lire les courants, détecter les cailloux et se glisser dans les sentes étroites, il faut s’imaginer tous ces blocs de granit qui, sous la surface de l’eau, menacent les coques et grondent les plus aventureux.


Né à Morlaix il y a 44 ans sur cette côte qui a vu grandir bien des coureurs au large, Nicolas Troussel se rappelle l’enfance. « Gamin, bébé, même, j’étais sur l’eau, avec mes parents. Ils m’ont donné ce virus tout petit, et je n’ai jamais cessé de vouloir naviguer ». Sa passion est si intense que, lorsqu’il ne s’entraîne pas ou ne court pas à bord de Corum, c’est sur l’eau qu’il passe le clair de son temps. « Je fais des croisières, souvent, avec mes enfants, pour leur transmettre cet amour de la mer. Je la vois tous les jours et, quand je suis à terre, j’ai besoin de la contempler ».

La mer dicte son humeur à qui la défie. Les souvenirs du skipper Corum sont évidemment faits de victoires, « mais surtout de ces moments où tout file droit sur le bateau. Il ne va pas forcément à 100 à l’heure, mais ça glisse, le soleil se couche ou se lève et tu profites de ces moments de paix. Surtout lorsque tu sais que ça va rincer dans quelques heures… ». Puis il y a aussi ces moments de colère tempétueuse qui secouent les consciences. « Ah oui, reconnaît Nicolas, je me demande parfois ce que je fais là quand j’affronte des déferlantes. J’ai des souvenirs bien précis de la Solitaire du Figaro 2007 elles étaient très impressionnantes… » Il y eut aussi le convoyage de retour de la Transat Jacques-Vabre 2015, après l’abandon où, en compagnie de son équipier d’alors Corentin Horeau, le skipper avait dû affronter 45 nœuds de vent de travers alors qu’il montait sur le plateau continental… « C’est souvent une bonne idée d’être harnaché… »

Quand il navigue, il s’applique à lui les bonnes pratiques environnementales. Ne rien jeter à la mer, faire attention aux comportements sont des gestes devenus usuels pour le Breton. C’est la goutte du colibri mais, après tout, un humain n’est guère plus grand, à la surface de l’océan…