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Actus CORUM Actus CORUM 29/10/2018

Baptême du bateau Corum - Regards croisés entre Nicolas Troussel et Thierry Dusautoir

Ce samedi, à 11h30, au cœur du village de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le Class40 aux couleurs de Corum a été baptisé en présence de Frédéric Puzin, Président de Corum, de Nicolas Troussel, le skipper du bateau qui vise la victoire dans la transat mythique, et de Thierry Dusautoir, le parrain et ex-capitaine du XV de France de rugby. L’évènement, naturellement riche en symboles, s’est révélé fort en émotions et nous en avons profité de l’occasion pour réaliser une interview croisée entre les deux sportifs. Extraits.

Comment se prépare-t-on en amont d'un grand événement ?  

Nicolas Troussel : « Avec le temps qui m’est imparti pour préparer un évènement, j’essaie de prioriser les choses. Pour ça, j’essaie de suivre le plan comme je l’avais imaginé au départ. Le but, c’est de me sentir prêt et à l’aise dans toutes les conditions que je peux être amené à rencontrer sur l’eau. Pour cette Route du Rhum, j’ai tout fait pour ça et je pense que je suis arrivé là où je voulais arriver. Sur un gros évènement, l’idée, c’est de bien s’entourer. Il faut également bien gérer la dernière ligne droite car tous les préparatifs avant le départ sont importants. Il faut avoir la tête la plus libérée possible parce que, mine de rien, la pression du départ monte de jour en jour. Cette dernière est la même pour tout le monde mais il faut réussir à la canaliser au mieux. Sur une course telle que la Route du Rhum, dotée d’une dimension vraiment particulière, il y a tout le temps du monde, énormément de sollicitations. Tout est plus long et rien que de se déplacer est compliqué. Il faut arriver à ne pas se polluer l’esprit avec des mauvaises choses et ne prendre que le bon. En claire, il faut parvenir à rester dans sa bulle. »

Thierry Dusautoir : « C’est un travail quotidien qui donne un bon résultat et ça se joue beaucoup dans le détail. A plus haut niveau, souvent, ce sont les petites choses qui font la différence. Entre deux équipes d’un niveau équivalent, même si on ne s’en rend pas trop compte sur l’instant mais plutôt lors des analyses, une action ou une position fait forcément la différence à la fin et il faut donc y attacher de l’importance. Ce qui est intéressant à prendre en compte aussi, c’est la gestion de l’émotion. Lors des gros évènements, il a y beaucoup d’affect qui est mis parce qu’on a fourni énormément de travail et parfois on passe à côté juste parce qu’on n’arrive pas à gérer. Il faut parvenir à prendre suffisamment de distance avec l’évènement pour pouvoir réussir. La détermination aussi est importante. Etant donné que ce sont des compétitions qui demandent beaucoup d’engagement, qui sont dures, il faut vraiment avoir une vision bien claire de ce qu’on veut avoir. »

Avez-vous une méthodologie ou un fonctionnement spécifique avant le grand rendez-vous ? 
Nicolas Troussel : « En voile, il faut arriver à se libérer de toutes les choses techniques sur le bateau et il faut, pour ça, être bien entouré. Pour cette Route du Rhum, je suis bien épaulé et c’est très agréable de pouvoir me reposer sur mes préparateurs, de n’avoir que les petites choses à penser. Quand on a une famille, il faut aussi gérer le côté émotionnel, savoir quand breaker. Pour tout ça, l’expérience aide à trouver la bonne formule. Demain, j’aurai fini tout ce que j’ai à faire sur le bateau. Tous mes way-points, toutes les zones interdites sont rentrées dans l’ordinateur. Pareil pour mes FTP et mes mails. Quand je vais reviendrai à Saint-Malo mercredi prochain après un dernier passage à la maison, je n’aurai plus qu’à me concentrer sur la course et notamment sur la navigation et la météo. »

Thierry Dusautoir : « Moi j’étais connu pour mettre pas mal de distance avec la presse, malgré mon rôle de capitaine. Ce n’est pas que je n’aimais pas ça mais seulement que je voulais me concentrer sur l’évènement. Pour moi, c’était vraiment essentiel. L’important, ça restait le sportif, ce qui se passait sur le terrain. J’avais l’habitude de me renfermer, de m’isoler, de rester dans ma bulle et quand je rentrais sur le terrain, je prenais une dose d’adrénaline pas désagréable, mais tout de suite, j’essayais d’être acteur de ma performance plutôt que spectateur. »

Nicolas, le rugby est-il un sport qui vous est familier ?

 « J’ai l’habitude de suivre tous les sports, j’aime suivre les gros évènements, ceux de l’Equipe de France. J’ai des supers souvenirs des Coupe du Monde et de Tournoi des Six Nations. Thierry Dusautoir est l’un des meilleurs rugbymen français de tous les temps et je suis très fier qu'il soit venu baptiser mon bateau. Et si j’ai des moments durs pendant la course, je penserai à lui, ça me remontera le moral pour aller affronter les éléments.»

Thierry, pourquoi avoir décidé de parrainer le bateau de Nicolas ?

« J’étais curieux de connaitre Nicolas et son sport. La voile est une discipline que je ne connais pas et c’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles choses. Les discussions qu’on a pu avoir l’un et l’autre m’ont donné envie d’aller un peu plus loin et si jamais je dois aller sur l’eau, autant que ce soit avec quelqu’un avec qui je m’entends bien. Nicolas et moi, on se comprend bien et on partage une même vision des choses, même si on pratique des sports qui sont différents. Le contact s’est fait très naturellement et je suis très content d’avoir accepté d’être le parrain de son bateau Corum. »