CORUM L'Épargne
CORUM L'Épargne
CORUM et la voile
4 choses à savoir sur les foils du bateau CORUM L'Épargne
28.05.2020
4 choses à savoir sur les foils du bateau CORUM L'Épargne

Début mai, le tout nouveau bateau CORUM L'Épargne voyait le jour. La construction, menée à bien par les équipes du chantier de MerAgitée sous l’oeil avisé du maître d’oeuvre Michel Desjoyeaux, s’achevait après plus d’une année de travail.

Quelques jours après la mise à l'eau du dernier né des bateaux de la classe IMOCA – participants au Vendée Globe – le skipper Nicolas Troussel inaugurait sa nouvelle monture sans ses foils, à l'occasion d'un convoyage depuis Port-la-Forêt vers son port d'attache de Lorient – Kernevel.   
   
La semaine suivante, les deux appendices tant attendus étaient livrés et installés à bord de CORUM L'Épargne. Une manutention délicate, puisque chaque foil pèse à lui seul plus de 200 kg. 

 

Foils CORUM L'Epargne

© Eloi Stichelbaut / polaRYSE / CORUM L'Épargne
 

1 - D'où viennent les foils ?    
   
Sur le Vendée Globe, les foils ont fait leur première apparition à bord des IMOCA lors de la dernière édition 2016-17. Ils ont en réalité été imaginés et développés au siècle dernier, bien avant l'actuelle révolution qui touche le milieu de la course au large.  
   
En 1938, Robert Gilruth – futur ingénieur de la NASA, et artisan des missions spatiales américaines dont Apollo 11 - conçoit puis teste un prototype de catamaran à foils de 3,65 mètres dans la baie de Chesapeake, aux États-Unis ; Le CATAFOIL I est né. S'en suivront de multiples prototypes en tout genre. Depuis la Coupe de l'América en 2013, les foils sont l’objet d’une effervescence dans tous les sports de glisse, y compris dans la course au large.    

2 – A quoi servent les foils ?    

À bord du bateau CORUM L'Épargne, les foils remplissent trois fonctions essentielles. 
1) Ils assurent une fonction antidérive, évitant au bateau d'avancer en crabe.     

2) Les foils ont également pour rôle de créer du couple de redressement, c'est-à-dire de stabiliser le bateau en navigation (face à la force latérale du vent dans les voiles).  

3) Dès lors que le bateau avance suffisamment vite, ils permettent de l'alléger et donc de le sustenter au-dessus de l'eau.  

De manière générale, le foil fonctionne dans l’eau comme une aile d'avion dans l’air, en particulier dans les phases de sustentation. Aux côtés de la quille, qui une fois basculée crée une poussée verticale, le foil déployé va en faire de même, à partir de 14 nœuds de vitesse, soit 25 km/h. Plus la vitesse du bateau est élevée, plus les foils seront efficaces. À l'inverse, en-dessous de 14 nœuds, ils peuvent ajouter de la traînée supplémentaire, et donc ralentir le bateau.   
  
Les foils tels que vous les voyez lorsque le bateau CORUM L'Épargne est amarré au ponton n'auront pas forcément la même forme que ceux en action lorsqu'il navigue. Les efforts fournis par ces appendices sont anticipés et cette déformation est donc prévue ; celle-ci peut atteindre jusqu'à 80 centimètres !
 

Fonctionnement des foils

© Jean-Baptiste Epron / CORUM L'Épargne
 

3 – Comment Nicolas utilise-t-il ses foils à bord de CORUM L'Épargne ?   
   
Deux foils équipent CORUM L'Épargne, de part et d'autre de la coque. Dans l'exemple ci-dessus, le vent arrive de bâbord (à gauche), Nicolas va donc manuellement déployer le foil sous le vent, c'est-à-dire le foil tribord (à droite), tandis que le foil bâbord restera rentré.  
   
Dans ce cas de figure, la quille est basculée à bâbord (grâce à une commande actionnée par Nicolas) afin de faire contrepoids face à la force latérale due au vent dans les voiles (la gîte). En plus, la quille va offrir une poussée verticale, qui, associée à la poussée du foil tribord, va permettre de réduire la partie immergée du bateau, et donc l’effort requis pour le faire avancer. Le bateau accélère ainsi fortement.    
  

4 – Comment ont été fabriqués les foils du bateau CORUM L'Épargne   

Il aura fallu 7 mois et demi pour réaliser les deux foils intégralement fabriqués en carbone. Dans le détail, ce sont environ 300 couches de fibre de carbone (plis) prédécoupées et empilées sur un moule puis compactées et cuitent plusieurs fois dans une étuve sous pression (entre 4 et 6 bars) à plus de 100 degrés sur des cycles de 24 heures.    
   
Une couche de fibre de carbone est appelée 'pli'. Tous les deux plis, il y a 20 minutes de compactage sous vide (soit 50 heures de compactage au total).    
   
Une fois cette première étape terminée, on obtient un foil brut : il est ensuite fraisé numériquement pour ajuster précisément sa forme définitive, avant le travail de finition réalisé à la main ainsi que la peinture. Chaque foil a une envergure développée de 7 mètres. CORUM L'Épargne a une envergure de 13 mètres avec ses deux foils sortis, et de 11,8 mètres lorsqu'ils sont rentrés.  
   
Tout comme pour le bateau CORUM L'Épargne, le mot d'ordre du cahier des charges des foils était polyvalence et fiabilité en vue d’un tour du monde.

 

Bateau CORUM L'Epargne filaire

© Jean-Baptiste Epron / CORUM L'Épargne

 

Le mot de l'équipe CORUM Sailing : En architecture navale, il n’y a pas une seule bonne réponse. Tout est question de compromis et de stratégie. L’équipe qui aura raison sera celle qui aura fait les meilleurs compromis et donc imaginé les meilleures hypothèses.