CORUM L'Épargne
CORUM L'Épargne
CORUM et la voile
Au grand large #1 - Autour du monde avec Nicolas Troussel
13.11.2020
Première semaine sur le Vendée Globe 2020 : un départ émouvant et le premier coup de vent.

Dimanche 8 novembre, les Sables d’Olonne, 8 heures du matin. Nicolas Troussel se livre une dernière fois à un groupe de journalistes resté à l’entrée du fameux ponton où attendent sagement les 33 monocoques parés à larguer les amarres dans un épais brouillard. 

À son tour, Nicolas descend la passerelle qui mène au ponton et embraye le pas d’une dernière marche de 300 mètres, seul. La scène est inédite, pour ne pas dire mystique. Visiblement ému à l’issue de cette ultime ligne droite, le skipper de CORUM L’Épargne atteint sa monture sous les derniers applaudissements de sa famille, de toute son équipe technique ainsi que des écuries concurrentes.

 

« C’est vraiment sympa de les voir parce que ce sont des gens que je côtoie depuis longtemps… ». Ce seront les derniers mots du skipper avant sa sortie du chenal des Sables d’Olonne précédant son entrée en scène pour ce premier tour du monde. La foule habituelle n’est pas admise le long du chenal, mais Nicolas est bien accompagné par les derniers encouragements des fans rassemblés aux balcons de leurs habitations. 

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Retardé pour cause de faible visibilité sur l’eau, le départ de cette neuvième édition du Vendée Globe est finalement donné à 14h20, avec plus d’une heure de retard sur l’horaire initial. Nicolas se positionne en bout de ligne et ne tarde pas à prendre l’avantage au cours d’un premier bord remarquable lors duquel le monocoque bleu et blanc semble planer, tandis que la Patrouille de France vient saluer les 33 bateaux. Il arrive à la bouée de dégagement en tête et salue fièrement, une dernière fois, les deux zodiacs accompagnateurs de la CORUM Sailing Team. 

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À peine parti, Nicolas nous envoie cette vidéo qui témoigne de la vitesse atteinte lors des premières heures de course : 27 nœuds sont enregistrés au compteur du bateau CORUM L’Épargne, soit 50 km/h. 

Ce premier bord vers l’ouest ne s’achève que lundi matin, lorsque Nicolas effectue son premier virement pour faire route au sud, en direction du Cap Finisterre, à la pointe nord-ouest de l’Espagne. À l’issue de cette descente, deux options se présentent : passer au-dessus ou plonger le long du dispositif de séparation du trafic (une zone interdite aux skippers du Vendée Globe car réservée au transport maritime), au large de la Galice. À bord de CORUM L’Épargne, Nicolas préfère la deuxième option en anticipant le passage d’un front qui arrive de l’ouest, et qu’il va falloir traverser. 

« La navigation n’est pas simple, il faut slalomer entre les cargos et le vent est très changeant. Je rentre dans le match, j’essaie d’être bien en phase avec le bateau et de prendre mes marques. C’est toujours étrange quand je me dis que je pars pour un tour du monde pour la première fois… C’est assez étonnant. » 

En ce tout début de course, sa lucidité lui permet d’éviter le plus gros du front pour le franchir plus sereinement dans la nuit de mardi à mercredi, aux côtés d’un groupe emmené par un certain Jean Le Cam, ancien co-skipper de Nicolas sur la Transat Jacques Vabre 2019.

Quelques heures seulement après avoir fait face à des vents soutenus, il faut établir une nouvelle stratégie pour éviter une dorsale anticyclonique - synonyme de zone avec très peu de vent - alors que les leaders se réunissent aux avant-postes à l’approche des Açores. 

À 9 heures ce vendredi, Nicolas et CORUM L’Épargne se classent en cinquième position, à 70 milles nautiques - soit 130 kilomètres - du leader britannique Alex Thomson. 

« Je suis content de là où je suis mais j’ai quelques petits problèmes sur le bateau. Je suis en train de les résoudre et je serai content quand ce sera le cas. À part ça, je me sens bien sur le bateau même si je passe un peu plus de temps à bricoler qu’à peaufiner ma navigation. Mais je suis à l’aise et c’est déjà très positif. J’attaque les choses sereinement. » 

Voici les mots apaisés du skipper de CORUM L’Épargne à la vacation de 5 heures ce matin, alors qu’il va devoir négocier le passage d’une dépression tropicale d’ici quelques heures. Thêta - c’est son nom - se trouve à une centaine de milles sur l’horizon. Au sixième jour de course, Nicolas devrait une nouvelle fois privilégier une option prudente, en contournant les vents les plus violents


 

Par Hugo Chartier, membre de la CORUM Sailing Team

 

Crédits photo : Jean-Louis Carli/Alea