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Class40 et Route du Rhum, le mémo !

Née en 1978, la Route du Rhum fête ses quarante ans lors de la onzième édition. Au départ, 123 bateaux, répartis dans six catégories dont la Class40, la plus impressionnante avec ses 53 partants, et dont Nicolas Troussel est un des favoris.

- LE RHUM A 40 ANS
Longtemps la genèse de la Route du Rhum a été attribuée uniquement à un publicitaire français, Michel Etevenon. Si le Parisien qui ne connaissait pas vraiment la mer en a été l’architecte, l’idée de la course, elle, est née de Florent de Kersauson et Bernard Hass. Les deux, passionnés de course au large, ont voulu profiter du fait que la Transat anglaise, horrifiée par la dimension des unités avec lesquels les Français se présentaient au départ, avait décidé de limiter la taille des bateaux. Créer une course sans limitation de taille, voilà la genèse de la Route du Rhum en 1978. Et, depuis 40 ans, cette course transatlantique en solitaire n’a cessé de croître, en s’adaptant au foisonnement des classes, des formats de bateaux et des avancées technologiques. Dès sa première édition, la Route du Rhum a été marquée par la domination des multicoques, pour 98 secondes en 1978 - le trimaran de 11,75m de Mike Birch a battu le monocoque de 21 mètres de Michel Malinovski. Au fil des éditions sont nées les catégories, afin de favoriser la compétition pour les bateaux de taille similaire. Pour ses 40 ans, le Rhum accueille donc six classes : trois classes de multicoques (Ultime, Multi50, multicoques Rhum) et trois classes de monocoques (Imoca60, Class40, monocoques Rhum).

- UNE FOLLE 11e EDITION SURTOUT POUR LA CLASS40
123 bateaux vont prendre le départ de la Route du Rhum Destination Guadeloupe dimanche 4 novembre sur une, deux ou trois coques. S’y mêlent des skippers amateurs et des professionnels de la course au large. La classe la plus représentée est la Class40, avec 53 solitaires au départ. Elle sera de tous les superlatifs à n’en pas douter.

La Class40 est un compromis heureux entre les bateaux de course au large les plus simples et les bateaux les plus complexes. Elle est née de la volonté conjointe des marins, des architectes et des décideurs de créer un palier technique : entre la classe Mini, espace formidable et foisonnant qui unit amateurs et professionnels autour de bateaux de 6,50m réputés pour être de fantastiques laboratoires d’essais, et les 60 pieds dont la vocation est d’emmener les marins solitaires à travers la planète, notamment lors du Vendée Globe.

Présentée fin 2005, la Class40 a connu un succès épatant dès la Route du Rhum 2006, avec 25 inscrits, soit le tiers de la flotte. Depuis, la classe s’est forgé une solide réputation, un calendrier sportif de haut niveau où se mêlent des rendez-vous exclusifs et les grand-messes de la course au large, la Route du Rhum et la Transat Jacque-Vabre. Longtemps portée par des amateurs très éclairés, la Class40 est aujourd’hui un champ d’expression très concurrentiel où s’empoignent des skippers professionnels de très haut niveau et dont Nicolas Troussel, auréolé de ses deux victoires sur la Solitaire du Figaro, est un porte-étendard.

- LE PARCOURS

Dimanche 4 novembre à 14 heures partiront les 123 bateaux engagés sur la Route du Rhum partiront en même temps… et presque sur la même ligne de départ. En raison de l’affluence, les Class40 seront positionnés avec les Mono Rhum dans la zone sud. Au nord seront les multicoques et, au centre, les Imoca60.

S’ensuivra une route de 3542 milles (5700 km) théoriques* en direction de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, avec des « passages à niveau » importants. D’abord, il faudra franchir le mythique Cap Fréhel, où se massent traditionnellement des dizaines de milliers de spectateurs. Puis il faudra « démancher », passer la pointe de la Bretagne et glisser dans le golfe de Gascogne qui peut, tour à tour, se révéler bien trop calme ou bien trop agité. S’y lèvent souvent à l’automne des vents violents et une mer casse-bateau. Pour les Class40, ce sera l’affaire de quelques jours, puis ils mettront le cap plein sud, vers les Açores, Madère et les îles Canaries. En dessous, à hauteur du Sahara Occidental généralement, les skippers mettront le clignotant à droite pour tendre l’étrave vers les Caraïbes, en profitant des alizés qui viennent de l’est et les porteront de l’autre côté de l’océan Atlantique. Il y a quatre ans, le vainqueur, Alex Pella, avait mis 16 jours et 17 heures pour traverser. Avec les progrès des Class40, cette édition promet d’être plus rapide.

* La distance Saint-Malo – Pointe-à-Pitre est donnée à titre informatif, à partir d’une route appelée orthodromie, la route la plus directe qu’on puisse dessiner en tenant compte de la rotondité de la Terre. Un des pans essentiels du métier de skipper est de chercher le meilleur compromis possible entre la route à effectuer et la vitesse de déplacement. Cela augmente forcément la distance parcourue, au bout du compte. 

 

- L’édition 2018 en chiffres

53 skippers de Class40 au départ de la Route du Rhum, dont 39 bizuths.

10 nationalités (Allemagne, Royaume-Uni, France, Japon, Etats-Unis, Italie, Suède, Belgique, Suisse, Afrique du sud).

3 femmes sont au départ du Rhum dans cette classe

3 vainqueurs de la Solitaire du Figaro. Et parmi eux, Nicolas Troussel.

La Class40, c’est aussi 17 architectes différents, 25 plans, 12 chantiers, 15 voileries

- Les dimensions du bateau :
Longueur max : 12,19m (40 pieds)
Largeur max : 4,5m
Tirant d’air max (ce qui émerge de l’eau) : 19m
Tirant d’eau (ce qui est sous l’eau) : 3m
Surface de voilure maximale : 115 m2
Poids : 4,5T

 

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