SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) et FPI (Fonds de Placement Immobilier)
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En bref
La SCPI et le FPI permettent tous deux d'investir dans l'immobilier sans en assumer la gestion directe (en contrepartie de frais). Mais, ils fonctionnent selon des logiques bien distinctes. Avant de choisir l'un ou l'autre, voici ce qu'il faut savoir :
- Structure : la SCPI est une société civile dotée d'une personnalité morale ; le FPI est un fonds sans personnalité propre.
- Composition des actifs : la SCPI investit quasi exclusivement dans des immeubles ; le FPI mêle actifs immobiliers et actifs financiers plus liquides.
- Fiscalité : la nature des revenus distribués diffère selon la structure du portefeuille du FPI.
- Liquidité : le FPI propose généralement des fenêtres de rachat périodiques, là où la SCPI peut présenter une liquidité plus contrainte.
- Accès : la SCPI est accessible en direct ou via assurance vie ; le FPI est surtout distribué au travers de contrats d'assurance vie.
Deux placements, une même ambition. Mettre son épargne au travail dans l'immobilier sans gérer de travaux, de locataires ni de contentieux (en contrepartie de frais de gestion). La SCPI et le FPI répondent tous deux à cette logique de mutualisation, mais ils le font selon des architectures radicalement différentes.
Comprendre leurs différences, c'est avant tout comprendre ce qui distingue une société civile d'un fonds, un régime de revenus fonciers purs d'un régime hybride, et une logique de placement long terme d'une structure qui ménage davantage de souplesse de sortie.
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2. Structures juridiques et modes de souscription : les fondamentaux qui séparent ces deux types de placements
La SCPI, une société civile à part entière
La SCPI est une société civile au sens plein du terme. Elle a donc une personnalité morale, des statuts déposés au registre du commerce et des sociétés, une assemblée générale d'associés et un gérant. Les épargnants qui y investissent deviennent associés de cette société et détiennent des parts proportionnelles à leur apport en capital. La souscription peut se faire en direct auprès de la société de gestion agréée par l'AMF, via un distributeur (banque, conseiller en gestion de patrimoine), ou au travers d'une unité de compte en assurance vie.
Deux formes coexistent : la SCPI à capital fixe, où le montant total des parts émises est plafonné, et la SCPI à capital variable, qui peut émettre de nouvelles parts en continu selon la demande. La première implique souvent de passer par le marché secondaire pour acquérir ou céder des parts, tandis que la seconde ouvre la souscription de manière plus fluide. Dans les deux cas, la durée de détention recommandée dépasse généralement 8 à 10 ans, le temps d'amortir les frais de souscription qui représentent souvent entre 8 et 12 % du prix de la part.
Le FPI, un fonds sans personnalité morale
Le FPI est un fonds commun de placement, au sens des articles L214-33 et suivants du code monétaire et financier. Contrairement à la SCPI, il n'a pas de personnalité morale propre. Les porteurs de parts sont copropriétaires indivis des actifs du fonds, sans pour autant être associés au sens du droit des sociétés. La gestion est assurée par une société de gestion agréée par l'AMF, à l'image de ce qui existe pour la SCPI, mais les droits et recours des porteurs de parts diffèrent structurellement.
En pratique, la souscription de parts de FPI s'effectue très majoritairement via des unités de compte intégrées dans des contrats d'assurance vie.
3. Composition des SCPI et FPI
C'est sur ce point que SCPI et FPI s'éloignent le plus nettement :
- La SCPI est un placement presque exclusivement immobilier. Ses actifs sont constitués d'immeubles de bureaux, de commerces, d’entrepôts logistiques, etc. La trésorerie résiduelle peut être placée sur des instruments financiers à court terme, mais cela reste marginal. La vocation de la SCPI, c'est l'immeuble.
- Le FPI, lui, répond à une contrainte réglementaire différente. Il doit détenir au moins 60 % d'actifs immobiliers physiques ou de parts de sociétés immobilières non cotées, mais il lui est aussi imposé de conserver au minimum 10 % de placements plus liquides. Cette poche liquide n'est pas optionnelle : elle est précisément le mécanisme qui permet au FPI d'offrir des conditions de rachat plus régulières que la SCPI. Cette architecture mixte n'est pas synonyme de meilleure diversification stratégique. La présence d'actifs financiers dans le FPI est davantage une contrainte technique liée à la gestion de la liquidité qu'un choix délibéré de diversification du patrimoine.
4. Fiscalité : des régimes qui divergent
La SCPI et les revenus fonciers : une fiscalité directe
La SCPI est fiscalement transparente. Elle ne supporte aucun impôt en son nom propre. Ce sont les associés qui déclarent leur quote-part de revenus locatifs selon leur propre situation fiscale. Pour un particulier qui détient des parts en direct, les loyers perçus entrent dans la catégorie des revenus fonciers, soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Pour les contribuables dans les tranches supérieures d'imposition, cette charge fiscale peut considérablement réduire le rendement net.
C'est pourquoi la détention via une assurance vie permet souvent d'atténuer l'imposition, en substituant au régime des revenus fonciers celui, plus favorable, de l'assurance. Par ailleurs, les plus-values réalisées lors de la cession de parts suivent le régime des plus-values immobilières des particuliers, avec des abattements croissants selon la durée de détention.
Le FPI et son régime hybride
La fiscalité du FPI est, sur le papier, plus complexe. Ses revenus étant de deux natures différentes, leur imposition l'est aussi. La part provenant des loyers des actifs immobiliers est imposée en revenus fonciers, exactement comme pour la SCPI. La part générée par les actifs financiers du portefeuille relève, elle, des revenus de capitaux mobiliers. Le régime fiscal applicable dépend donc de la composition effective du fonds et de la politique de distribution de la société de gestion.
Dans la pratique, cette complexité disparaît en grande partie lorsque le FPI est détenu via un contrat d'assurance vie. Le souscripteur bénéficie alors du régime fiscal de l'assurance, plus lisible et souvent plus favorable pour un horizon de placement long.
5. Liquidité et durée de détention : l'atout structurel du FPI
La question de la liquidité est souvent celle qui décide en dernier ressort. Sur ce terrain, le FPI tient une position avantageuse par rapport à la SCPI.
La SCPI à capital variable permet techniquement de racheter les parts à partir de la valeur de retrait, mais ce rachat dépend de la demande de souscription entrante sur le marché. En période de tension sur l'immobilier ou de collecte ralentie, les délais peuvent s'allonger, voire bloquer temporairement la liquidité. La SCPI à capital fixe ne garantit aucun rachat : trouver un acheteur sur le marché de gré à gré implique d'accepter le prix du marché secondaire, qui peut être inférieur à la valeur de souscription.
Le FPI impose pour sa part à sa société de gestion de proposer des fenêtres de liquidité régulières aux porteurs de parts. Ces rachats périodiques sont rendus possibles grâce à la poche de placements financiers et donc plus liquides intégrée dans la structure du fonds. Cela ne signifie pas que le risque de perte en capital est absent : la valeur des parts varie en fonction de la valeur des immeubles détenus, des loyers encaissés et de la performance des actifs financiers sous-jacents. Mais la sortie est plus prévisible.
6. Quel véhicule pour quel projet patrimonial ?
Globalement, la SCPI conviendra davantage à un investisseur qui recherche des revenus complémentaires réguliers (non garantis), accepte une faible liquidité sur le long terme et s'inscrit dans une logique de constitution de patrimoine immobilier. C'est aussi le véhicule de prédilection pour des stratégies de démembrement de propriété, de donation ou de défiscalisation via des SCPI fiscales.
Le FPI s'adressera plutôt à un investisseur qui souhaite une exposition à l'immobilier avec une sortie plus souple. Sa structure mixte et ses fenêtres de liquidité en font un outil adapté aux profils qui ne souhaitent pas immobiliser leur capital sur une décennie. Le tout, sans perdre de vue que la part immobilière du fonds reste soumise aux mêmes aléas que n'importe quel investissement dans des actifs fonciers : variation des prix, évolution des loyers, risque locatif.
SCPI et FPI sont deux produits distincts, pensés pour des profils et des horizons différents. La SCPI reste le placement de référence pour qui cherche la pureté immobilière et la régularité potentielle des revenus locatifs sur la durée. Le FPI offre plus de souplesse, mais aussi une structure plus composite, dont il faut comprendre la logique avant de s'y engager.
Ces deux véhicules sont encadrés et visés par l'AMF, ce qui garantit un certain niveau de transparence et de contrôle. Pour autant, ni l'un ni l'autre n'est exempt de risques. La valeur des parts peut baisser et le rendement peut fluctuer.
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