Assurance vie

Le montant de la prestation de l'assurance vie

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En bref

Le montant de la prestation de l’assurance vie dépend de nombreux paramètres :

  • La prestation de l’assurance vie correspond au montant versé soit au souscripteur lors d’un rachat, soit aux bénéficiaires en cas de décès.
  • De son vivant, le souscripteur peut faire un rachat partiel ou total et le montant reçu dépend du capital constitué, des primes versées et des gains réalisés.
  • Seule la part de gains est soumise à l’impôt et aux prélèvements sociaux, selon l’ancienneté du contrat et le mode d’imposition choisi.
  • Les supports investis en euros offrent une évolution plus stable, tandis que les unités de compte peuvent faire varier le montant à la hausse ou à la baisse.
  • En cas de décès, le capital est versé aux bénéficiaires désignés, en principe hors succession.
  • La fiscalité de la transmission dépend notamment de l’âge du souscripteur lors des versements.

Comprendre le montant de la prestation de l’assurance vie suppose de revenir au fonctionnement de l’assurance vie, au rôle du contrat, des primes versées, du capital constitué et de la fiscalité applicable. Selon la date, l’âge du souscripteur et les versements réalisés, le montant transmis ou racheté varie.

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2. À quoi correspond la prestation en assurance vie ?

La prestation d’une assurance vie correspond au montant versé par l’assureur dans le cadre d’un contrat, soit au souscripteur de son vivant, soit aux bénéficiaires en cas de décès.

Le montant de la prestation dépend des primes versées, des gains réalisés, mais aussi de la fiscalité, des prélèvements sociaux et de l’âge du souscripteur au moment des versements.

Deux situations, deux logiques de versement

À tout moment, le souscripteur de l’assurance vie peut demander un rachat, c’est à dire un retrait d’argent. Le rachat peut être partiel ou total. Il s’agit alors d’un versement effectué au profit du souscripteur, qui récupère une fraction ou la totalité du capital constitué sur le contrat d’assurance vie.

Si le rachat est partiel, il n’entraîne pas la fin du contrat, ce qui permet de conserver l’antériorité fiscale et les abattements liés à la durée du contrat.

En cas de décès, la prestation correspond à un capital versé aux bénéficiaires désignés dans la clause. Ce capital n’est en principe pas intégré à la succession classique et ne suit pas les mêmes droits que les autres biens transmis aux héritiers. La transmission des capitaux issus de l’assurance vie obéit à des règles spécifiques de fiscalité, de taxation et d’abattement.

Un montant qui dépend du contrat et de son cadre fiscal

Dans les deux cas, le montant de la prestation n’est jamais figé à l’avance. Il dépend du contrat d’assurance vie souscrit, des supports de placements, ainsi que des frais appliqués. Les gains peuvent varier à la hausse comme à la baisse, ce qui influence directement le capital versé lors d’un rachat ou transmis aux bénéficiaires au décès.

3. Cas n°1 – Comment se calcule le montant versé lors d’un rachat ?

Lorsqu’un souscripteur est en vie, la prestation de l’assurance vie prend la forme d’un rachat. Le rachat correspond à un versement réalisé par l’assureur au profit du souscripteur, en contrepartie d’une diminution du capital inscrit sur le contrat.

Rachat partiel et rachat total : deux conséquences différentes

Le rachat partiel consiste à retirer une fraction du capital tout en conservant le contrat d’assurance vie ouvert. Le souscripteur continue alors à bénéficier de la capitalisation des produits, de l’ancienneté fiscale et des abattements liés à la durée du contrat. Les versements futurs restent possibles.

Le rachat total correspond à la clôture du contrat. L’intégralité du capital est versée au souscripteur, mettant fin à l’assurance vie. Ce rachat entraîne la perte de l’ancienneté fiscale et des avantages liés au cadre spécifique du contrat. Le montant reçu inclut les primes versées et les gains accumulés depuis la date de souscription, sous réserve de l’application de l’impôt et des prélèvements sociaux.

Le calcul du montant versé

Le premier élément du calcul est la valeur du contrat au moment du rachat. Cette valeur dépend des versements effectués, des produits financiers choisis et de leur évolution. Les contrats investis majoritairement en euros offrent une évolution plus stable, tandis que les contrats exposés à des unités de compte peuvent connaître des variations plus importantes.

Le second élément est la part de gains incluse dans le rachat. Lorsqu’un rachat est effectué, il est considéré comme composé à la fois d’une fraction de capital correspondant aux primes versées et d’une fraction de plus-values. Seule la part correspondant aux gains est taxable.

Des frais peuvent également réduire le montant versé. Selon les contrats, des frais de gestion, d’arbitrage ou liés aux supports peuvent s’appliquer, ce qui influe sur le capital disponible au moment du rachat.

Fonds en euros et unités de compte : un impact direct sur le montant

Les fonds en euros reposent sur un mécanisme de rendement encadré, avec une garantie contractuelle du capital hors frais. Les intérêts générés viennent augmenter progressivement le capital, ce qui favorise une certaine stabilité du montant lors d’un rachat.

Les unités de compte fonctionnent différemment. Leur valeur dépend des marchés financiers et de la performance des actifs sous-jacents. Le capital n’est pas garanti, ce qui signifie que le montant du rachat peut être inférieur aux primes versées. En contrepartie, ces supports peuvent offrir un potentiel de gains plus élevé sur le long terme, en fonction du profil de risque et de l’âge du souscripteur.

Fiscalité du rachat

Lorsque vous effectuez un rachat sur un contrat d’assurance vie, seuls les gains générés par le placement (et non les primes versées) sont soumis à imposition. Cette imposition dépend essentiellement de l’ancienneté du contrat. En pratique, depuis la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU), une imposition forfaitaire s’applique d’abord aux gains, à laquelle s’ajoutent systématiquement les prélèvements sociaux.

Pour un contrat de moins de 8 ans, les gains sont soumis par défaut au PFU de 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un total de 30 % de fiscalité sur la part de gains retirée au moment du rachat.

Pour un contrat de plus de 8 ans, un abattement annuel s’applique avant taxation : 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune sur l’ensemble des gains retirés dans l’année.

Au-delà de cet abattement, les gains sont généralement soumis à un prélèvement forfaitaire de 7,5 % au titre de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 24,7 % sur la part de gains.

Ainsi, le montant final versé lors d’un rachat tient compte de la durée du contrat, de l’abattement appliqué, de l’imposition forfaitaire choisie (ou du barème progressif si ce dernier est plus favorable), et des prélèvements sociaux obligatoires.

4. Cas n°2 – En cas de décès : comment se calcule le montant transmis ?

En cas de décès du souscripteur, la prestation de l’assurance vie correspond à un capital transmis aux bénéficiaires désignés dans le contrat. Cette transmission obéit à des règles spécifiques, distinctes de celles de la succession classique.

Le principe du capital versé au bénéficiaire

Lors du décès, l’assureur verse les capitaux aux bénéficiaires mentionnés dans la clause du contrat d’assurance vie. En principe, ces capitaux ne font pas partie de la succession et ne sont pas soumis aux mêmes droits que les autres biens transmis aux héritiers. Ce mécanisme explique pourquoi l’assurance vie est souvent utilisée comme outil de transmission.

Il existe toutefois des situations particulières dans lesquelles certaines primes versées peuvent être réintégrées dans la succession, notamment si elles sont jugées manifestement excessives au regard de l’âge, du patrimoine ou de la situation du souscripteur. Ces cas restent encadrés et appréciés au cas par cas.

Les éléments qui déterminent le montant transmis

Le montant transmis aux bénéficiaires dépend avant tout de la valeur du contrat au jour du décès. Cette valeur résulte de la capitalisation des produits financiers, des versements effectués et de l’évolution des supports choisis, qu’ils soient investis en euros ou en unités de compte.

Certaines options prévues au contrat peuvent également influencer le montant versé, comme le choix entre un versement sous forme de capital ou de rente, ou l’existence de garanties spécifiques.

La clause bénéficiaire : un élément central de la transmission

La clause bénéficiaire joue un rôle déterminant dans la répartition des capitaux. Elle permet de désigner une ou plusieurs personnes, qu’il s’agisse du conjoint, des enfants ou d’autres bénéficiaires, et de préciser la répartition du capital entre eux.

Une clause mal rédigée peut entraîner des difficultés d’application ou des situations non conformes aux intentions du souscripteur. Il est donc essentiel que la clause soit cohérente et précise.

La fiscalité en cas de décès : règles précises avec chiffres

La fiscalité applicable à l’assurance vie en cas de décès dépend principalement de l’âge du souscripteur au moment des versements. Les primes versées avant et après 70 ans relèvent de cadres fiscaux distincts, ce qui influence directement la taxation des capitaux transmis aux bénéficiaires.

Pour les primes versées avant 70 ans, l’article 990 I du code général des impôts s’applique. Chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement individuel de 152 500 € sur les capitaux reçus. Au-delà de cet abattement, la fraction taxable est soumise à un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € par bénéficiaire, puis à un taux de 31,25 % au-delà. Ce prélèvement est spécifique à l’assurance vie et s’applique indépendamment des droits de succession classiques.

Pour les primes versées après 70 ans, c’est l’article 757 B du code général des impôts qui s’applique. Un abattement global de 30 500 € est réparti entre l’ensemble des bénéficiaires, tous contrats confondus. Au-delà de cet abattement, seule la fraction des primes versées est soumise aux droits de succession, selon le lien de parenté entre le souscripteur et les bénéficiaires. Les intérêts et produits générés par ces primes après 70 ans sont totalement exonérés d’impôt.

Le montant de la prestation de l’assurance vie résulte toujours d’un équilibre entre primes versées, gains, fiscalité et règles de transmission. Comprendre ces mécanismes permet d’appréhender l’assurance vie comme un outil de placement et de succession, en connaissance de ses droits, des limites et des risques associés.

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