SCPI

Le capital des SCPI

Temps de lecture: 11 minutes

En bref :

Le capital d’une SCPI, c’est bien plus qu’un simple chiffre : il structure votre investissement, conditionne la revente de vos parts et influence vos rendements.

  • Le capital d’une SCPI représente les fonds collectés pour acquérir des biens immobiliers.
  • Il est divisé en parts, que les investisseurs (les épargnants) achètent pour percevoir des revenus potentiels issus des loyers.
  • Le capital peut être fixe (accès limité, revente des parts sur le marché secondaire) ou variable (entrée/sortie souples mais non garanties).
  • Le prix des parts évolue selon la valeur du patrimoine immobilier et les conditions de marché.
  • Des hausses ou baisses du capital peuvent survenir selon les décisions de la société de gestion.
  • La liquidité est faible : investir en SCPI demande une vision long terme.

Comprendre le fonctionnement du capital d’une SCPI permet d’investir avec discernement dans ce placement immobilier collectif.

Le marché immobilier collectif peut offrir des opportunités intéressantes pour les investisseurs souhaitant diversifier leur portefeuille. Dans ce contexte, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) se positionnent comme une solution accessible, permettant de profiter des rendements liés à la gestion immobilière, sans les contraintes opérationnelles qu'implique l'achat direct de biens. Mais avant de se lancer dans ce type de placement, il est vivement conseillé de bien comprendre la structure du capital d’une SCPI, pour évaluer ses avantages, ses risques et ses spécificités.

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2. Qu’est-ce que le capital d’une SCPI ?

Le capital d’une SCPI correspond à l’ensemble des sommes collectées par la société de gestion auprès des investisseurs lors de la souscription de parts. Ce capital est ensuite utilisé pour l’acquisition de biens immobiliers (immeubles de bureaux, commerces, logements, etc.), dans le but de générer des revenus locatifs.

Chaque investisseur devient associé de la SCPI en achetant des parts. Ces parts représentent une fraction du capital total, et donc indirectement une part du patrimoine immobilier détenu par la société. Plus le montant investi est élevé, plus l’investisseur détient de parts et touche une part proportionnelle des loyers perçus, après déduction des frais de gestion.

Attention : contrairement à une assurance vie ou à d'autres produits financiers plus liquides, le capital d’une SCPI n’est ni garanti dans son montant ni dans sa durée. Il peut évoluer à la hausse ou à la baisse, en fonction des opérations de cession ou d’acquisition et de la stratégie de gestion adoptée par la société.

Il est également important de bien distinguer le capital de la SCPI de son patrimoine immobilier :

  • Le capital reflète les fonds investis par les épargnants,
  • Le patrimoine correspond à la valeur de l’ensemble des biens immobiliers détenus. Cette valeur évolue en fonction des marchés immobiliers, des taux d’occupation des immeubles, et des conditions de crédit et de financement.

Investir dans une SCPI, c’est donc placer son argent dans un cadre collectif, en acceptant une certaine forme de risque : perte en capital possible, revenus non garantis, et liquidité limitée. Ce type de placement immobilier reste cependant attractif pour les investisseurs en quête de diversification, de rendement potentiel et d’un accès indirect aux marchés immobiliers, sans devoir gérer eux-mêmes les biens.

3. Capital fixe vs capital variable : deux modèles à connaître

Les SCPI ne fonctionnent pas toutes de la même façon. Selon leur structure juridique et leur mode de fonctionnement, le capital peut être fixe ou variable.

SCPI à capital fixe

Une SCPI à capital fixe dispose d’un montant de capital déterminé à l’avance. Cela signifie que la souscription de nouvelles parts n’est possible que lors d’opérations spécifiques : une augmentation de capital, décidée par la société de gestion, ou via le marché secondaire, où les investisseurs peuvent vendre leurs parts à d’autres épargnants.

Sur ce marché secondaire, le prix des parts est fixé librement en fonction de l’offre et de la demande. Il peut donc être supérieur ou inférieur à la valeur de référence, ce qui peut présenter à la fois des avantages et des risques.

Ce système implique une liquidité plus limitée : la cession des parts peut prendre du temps, surtout si les conditions de marché immobilier sont tendues.

En contrepartie, une SCPI à capital fixe offre généralement une meilleure visibilité sur la valorisation des actifs immobiliers, ce qui peut intéresser les investisseurs souhaitant un placement plus structuré dans le temps.

SCPI à capital variable

Les SCPI à capital variable sont aujourd’hui les plus courantes. Dans ce modèle, la société de gestion peut émettre de nouvelles parts en continu, dans la limite d’un plafond de capital fixé dans les statuts. La souscription est donc ouverte à tout moment, ce qui facilite l’investissement pour les épargnants.

Le prix des parts est déterminé par la société, souvent en lien avec la valeur de reconstitution du patrimoine. Cela octroie une plus grande stabilité du prix, même si celui-ci peut évoluer dans le temps en fonction des performances de la SCPI, des marchés immobiliers, et des frais liés à l’acquisition des immeubles.

En cas de revente, les investisseurs adressent une demande de retrait à la société de gestion, qui ne peut procéder au remboursement que si un autre investisseur se présente pour acheter ces parts, ou si la SCPI dispose d’une trésorerie suffisante. Il existe parfois une "file d’attente", ce qui implique un délai non garanti. La liquidité reste donc relative, même dans un modèle à capital variable.

Tableau comparatif simplifié capital fixe / capital variable

Critères 

SCPI à capital fixe 

SCPI à capital variable 

Souscription 

Périodes ponctuelles / marché secondaire 

Continue (dans la limite du plafond de capital) 

Revente 

Marché secondaire entre investisseurs 

Par demande de retrait auprès de la société de gestion 

Prix des parts 

Fixé par l’offre et la demande 

Fixé par la société de gestion 

Liquidité 

Moins souple, dépend du marché secondaire 

Plus souple mais non garantie 

Visibilité du capital 

Stable sur la durée 

Évolutif, adapté à la collecte 

 

4. Les mécanismes de revalorisation et de baisse du capital

Le capital d’une SCPI n’est pas figé. Il peut évoluer à la hausse ou à la baisse en fonction de la valeur des biens immobiliers, du marché, de la stratégie de gestion adoptée par la société et des conditions économiques. Or, tout cela peut avoir un impact sur le prix des parts, la performance de la SCPI, les revenus distribués et même sur le rendement global du placement.

Valeur de reconstitution vs prix de souscription

Chaque année, la société de gestion d’une SCPI fait évaluer la valeur du patrimoine immobilier de la SCPI par un expert indépendant, comme l’exige l’AMF. À partir de cette estimation, on calcule la valeur de reconstitution, qui correspond à la valeur des immeubles de la SCPI, augmentée des frais liés à leur acquisition.

Le prix de souscription des parts proposé aux investisseurs est ensuite fixé par la société, souvent proche de cette valeur de reconstitution, notamment dans les SCPI à capital variable. Il arrive cependant que le prix des parts soit supérieur (en cas de surcote) ou inférieur (en cas de décote) à cette valeur.

Pour les épargnants, il est essentiel de comparer le prix de souscription avec la valeur de reconstitution. Un achat avec une décote peut présenter un avantage, mais il peut aussi traduire une baisse récente du patrimoine immobilier. À l’inverse, une surcote peut augmenter le risque de perte en capital si la valeur réelle des actifs baisse.

Mécanismes de revalorisation

Une SCPI peut revaloriser ses parts lorsque la valeur de ses immeubles augmente. Cela peut être le cas si le marché immobilier est favorable, si les biens sont bien situés, bien loués, ou après des travaux de rénovation. Cette revalorisation permet de refléter une amélioration du patrimoine de la SCPI, et peut soutenir le rendement et la confiance des investisseurs.

À l’inverse, si la valeur des actifs immobiliers baisse – par exemple à cause d’une hausse des taux d’intérêt, d’une baisse des loyers, d’un recul de la demande, ou d’une vacance locative prolongée – la SCPI peut décider d’abaisser le prix des parts.

Ces baisses, bien que parfois mal perçues, peuvent aussi refléter une gestion responsable et transparente, visant à aligner le capital sur la valeur réelle du patrimoine. Ces dernières soulignent aussi l’importance de considérer les SCPI comme des investissements de long terme, exposés aux aléas des marchés et soumis à des risques, comme tout placement immobilier.

5. Augmentation et réduction du capital

Le capital d’une SCPI évolue tout au long de sa vie. Il peut être augmenté pour financer de nouveaux investissements, réduit lors de la cession d’actifs, ou temporairement plafonné pour contrôler la collecte. Or, toutes ces décisions, prises par la société de gestion, ont des conséquences concrètes sur les investisseurs, le rendement, la liquidité et le montant des parts de SCPI.

Pourquoi augmenter le capital ?

Une augmentation de capital permet à la SCPI de collecter de nouveaux fonds auprès des épargnants, via la souscription de nouvelles parts. Ces sommes servent ensuite à l’acquisition d’immeubles ou à la diversification du patrimoine immobilier. Ce mécanisme est donc essentiel pour le développement du placement, mais doit rester cohérent avec les capacités de gestion et les conditions du marché immobilier.

Dans les SCPI à capital variable, ces augmentations sont automatiques, dans la limite d’un plafond fixé par les statuts. Pour les SCPI à capital fixe, en revanche, elles nécessitent une décision des associés en assemblée générale, ainsi que l’agrément de l’AMF.

La réduction du capital

La réduction du capital d’une SCPI intervient généralement lorsque la société de gestion cède une partie de son patrimoine, sans projet immédiat de réinvestissement. Cela peut répondre, par exemple, à une anticipation de retournement des marchés ou à une volonté de rembourser des investisseurs souhaitant sortir.

Dans certains cas, notamment en période de baisse des valeurs immobilières, la réduction du capital peut aussi être contrainte. Par exemple, si le marché est en repli et que les immeubles perdent de la valeur, la SCPI peut être amenée à ajuster son capital pour refléter plus fidèlement la valeur réelle des actifs. Cela peut entraîner une perte partielle pour les investisseurs, notamment au moment de la revente des parts.

6. Comprendre l’impact du capital pour l’épargnant

Comprendre le capital d’une SCPI est indispensable pour tout épargnant souhaitant faire un placement immobilier en connaissance de cause.

À l’achat : savoir ce que vous payez

Lors de la souscription de parts dans une SCPI, l’investisseur doit s’intéresser de près au prix d’achat, à la valeur de reconstitution du patrimoine immobilier, et aux frais liés à l’acquisition. Un prix trop éloigné de la valeur réelle des actifs peut augmenter le risque de perte en capital, surtout si les marchés immobiliers évoluent défavorablement.

Les documents fournis par la société de gestion — notamment le bulletin trimestriel, le rapport annuel ou la fiche d’information — donnent une vision claire du capital de la SCPI, des investissements réalisés et du rendement historique (même s’il ne présage pas du rendement futur).

>Découvrez quelle SCPI choisir.

À la revente : vigilance sur la liquidité

La revente des parts de SCPI n’est pas aussi simple qu’avec d’autres placements financiers :

  • Dans les SCPI à capital fixe, il faut passer par le marché secondaire, ce qui peut entraîner un délai et une négociation du prix.
  • Dans les SCPI à capital variable, le rachat est possible, mais dépend de la présence d’un autre investisseur ou de la trésorerie disponible dans la société de gestion.

Il n’existe donc aucune garantie de liquidité immédiate, ni de montant récupérable à la revente. En période de tension sur les marchés immobiliers, le capital peut être temporairement bloqué ou ajusté à la baisse, affectant la valeur des parts. Ce risque doit être anticipé. Rappelons-le : les SCPI sont des placements à long terme.

Le capital d’une SCPI est un peu le cœur vivant du placement, qui évolue avec les marchés immobiliers, les décisions de gestion et les flux de souscription. C’est donc en comprenant ses mécanismes, ses formes — fixe ou variable — et ses impacts concrets, que chaque investisseur peut mieux évaluer les risques, les rendements et la durée adaptée à son projet.

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