SCPI
Publié le 09.09.2026

À la rentrée, les bureaux se remplissent-ils vraiment ? La réponse n’est ni oui ni non. Le travail hybride s’est installé dans les organisations, les salariés ont ajusté leurs habitudes et les entreprises cherchent désormais un dosage qui fonctionne. Les immeubles, eux, doivent démontrer leur utilité. Alors, quel impact pour les SCPI ?

Salariés : le travail hybride s’installe, sans remplacer le bureau

La rentrée ne ressemble plus à un retour uniforme. Pour les métiers qui s’y prêtent, la semaine alterne généralement entre télétravail à domicile et journées consacrées aux réunions, à l’apprentissage ou au collectif dans les locaux de l’entreprise. Pour les autres, la présence reste la règle.

La donnée nationale la plus récente porte sur 2025. Selon l’Insee (1), 19,7 % des salariés télétravaillent au moins un jour par semaine. Parmi les télétravailleurs, 38,2 % le font un jour par semaine, 39,2 % deux jours et 22,6 % trois jours ou davantage. Le modèle dominant est donc bien hybride, avec un ou deux jours à distance pour la plupart des personnes concernées.

L’Insee indique aussi que 79,1 % des télétravailleurs se déclarent satisfaits du nombre de jours pratiqués. Ce résultat traduit donc plutôt un équilibre trouvé, ou jugé acceptable, entre autonomie, trajets et liens avec l’équipe.

Les écarts restent marqués entre catégories professionnelles. En 2025, 51,7 % des cadres télétravaillent au moins un jour par semaine, contre une proportion bien plus faible dans les métiers qui nécessitent une présence physique. Dans la finance et l’assurance, le taux atteint 55,3 %. Ces chiffres rappellent surtout que la rentrée ne se vit pas de la même façon selon les emplois.

Le bureau conserve alors une fonction très concrète. Il sert à transmettre un savoir-faire, à accueillir une nouvelle recrue, à résoudre un problème à plusieurs ou recréer des échanges spontanés.

Entreprises : pour ou contre un retour dans les locaux ?

Les directions ne cherchent pas toutes la même réponse. Certaines renforcent la présence pour remettre du rythme dans les équipes. D’autres maintiennent plus de souplesse pour recruter, fidéliser ou tenir compte d’organisations déjà rodées. La tendance récente ressemble davantage à une stabilisation qu’à un grand retour en arrière.

Les intentions déclarées fin 2025 vont dans ce sens. Dans son étude publiée en mars 2026, l’Apec (2) indique que 89 % des entreprises employant au moins un cadre n’ont pas modifié leur politique de télétravail en 2025. Pour 2026, 94 % déclarent ne pas envisager de changement. Cependant, ces chiffres portent sur les intentions et les politiques applicables aux cadres, pas sur tous les salariés ni sur les décisions effectivement prises à la rentrée.

Il faut dire que l’Apec relève aussi que 74 % des cadres télétravailleurs seraient mécontents si le nombre de jours autorisés diminuait et 80 % si le télétravail était supprimé. Ces réponses disent donc autre chose : une politique de présence ne se décrète plus sans regarder ses effets sur l’attractivité de l’entreprise.

Tout l’enjeu est alors de définir les moments où la présence est utile, tout en laissant une marge d’organisation aux salariés et en évitant de transformer l’immeuble en salle d’attente. Le collectif a besoin de rendez-vous identifiables. Le travail individuel a besoin de calme. Les deux peuvent cohabiter, à condition de s’organiser.

Immeubles : le marché sanctionne les surfaces sans usage clair

Le bureau ne disparaît pas. En revanche, les entreprises ne le regardent plus tout à fait de la même manière. Si les salariés viennent moins souvent, il n’est pas toujours utile de conserver un poste de travail pour chacun. Les entreprises peuvent ainsi réduire leurs surfaces, les réaménager ou privilégier des espaces conçus pour les réunions et le travail en équipe.

Le marché immobilier reflète ce changement. Au premier semestre 2026, environ 750 000 m² de bureaux ont été loués ou achetés par leurs utilisateurs en Île-de-France. Cela signifie que des entreprises ou des organisations ont pris des bureaux à bail ou acheté des locaux pour les occuper. La demande existe donc toujours. Mais elle est plus sélective. Dans le même temps, 6,57 millions de m² étaient disponibles à la location ou à la vente fin juin, et le taux de vacance atteignait 11,8 %. (3)

Ces chiffres ne disent pas combien de salariés sont présents chaque jour dans les bureaux. Ils montrent plutôt que les entreprises continuent à chercher des locaux, tout en choisissant davantage les immeubles et les quartiers qui répondent à des besoins spécifiques.

Ce que le travail hybride change pour les SCPI

Le travail hybride ne fait pas disparaître tous les bureaux. Il renforce plutôt la sélection entre les immeubles. Une adresse bien desservie, agréable et adaptée au travail en équipe peut continuer à répondre aux besoins des entreprises. À l’inverse, un immeuble éloigné, vieillissant ou trop coûteux à rénover peut rencontrer davantage de difficultés.

Une SCPI permet d'investir indirectement dans un patrimoine immobilier locatif, dont la gestion est confiée à une société de gestion en contrepartie de frais. Pour une SCPI, la question n’est donc pas seulement de savoir si elle détient des bureaux. Il faut regarder où ils se trouvent, qui les loue, pour quels usages et avec quelles perspectives dans la durée. Une SCPI diversifiée entre plusieurs immeubles, locataires, secteurs et zones géographiques peut contribuer à répartir certains risques. Elle ne les supprime pas pour autant, mais une SCPI concentrée sur un seul type d’immeuble ou une seule zone peut être plus sensible à l’évolution des usages.

La rentrée 2026 ne signe donc pas le retour uniforme de tout le monde au bureau. Les salariés reviennent lorsqu’ils y trouvent une utilité, les entreprises ajustent leurs règles et les immeubles sont évalués sur leur capacité à répondre à ces nouveaux usages.

Pour les SCPI, cette évolution invite à regarder son patrimoine de près, sans suivre la dernière tendance immobilière. Chez CORUM, nous en sommes convaincus depuis longtemps : la diversification, la qualité des immeubles, leur emplacement et la solidité des locataires comptent davantage qu’un simple effet de mode !