Les SCPI retrouvent des couleurs : bilan de l'ASPIM au 1er trimestre 2026
Selon le rapport de l'ASPIM publié le 18 mai 2026, les SCPI ont collecté 1,155 milliard d'euros nets au premier trimestre 2026, soit une progression de 10,1 % par rapport à la même période l'an dernier. Un rebond qui confirme une tendance amorcée mi-2025, mais qui demande à être mis en perspective : derrière ce chiffre global se cachent des trajectoires très différentes selon les SCPI, les stratégies et les sociétés de gestion. Portrait d'un marché qui cherche son nouveau souffle.
Une collecte en hausse, portée par les SCPI diversifiées
En un an, la collecte nette a progressé de 10,1 %, portant la capitalisation totale des SCPI à 88,65 milliards d'euros, en hausse de 3,3 % sur douze mois. Le marché compte désormais 231 SCPI actives gérées par 55 sociétés de gestion et deux nouvelles SCPI ont même vu le jour au premier trimestre 2026.
Cette reprise de la collecte est très largement tirée par les SCPI diversifiées, qui concentrent 81 % des souscriptions nettes, soit près de 940 millions d'euros. Les SCPI à prépondérance bureaux captent quant à elles 14 % de la collecte (162 M€), tandis que les autres stratégies (logistique, santé, résidentiel, commerces, hôtellerie) se partagent le reliquat.
CORUM : première société de gestion en collecte nette
Avec 171 millions d'euros de collecte nette au premier trimestre 2026, CORUM AM s'impose en tête du classement des sociétés de gestion. Cette position de leader s'appuie sur la dynamique combinée de ses quatre SCPI, même si CORUM Origin confirme son rôle de locomotive avec 119 millions d'euros de collecte nette, en hausse de 5 % par rapport au premier trimestre 2025, et une collecte brute de 149 millions d'euros (+20 %). Sa capitalisation atteint désormais 3,913 milliards d'euros.
La capitalisation totale de CORUM AM ressort à 7,653 milliards d'euros, positionnant le groupe en 7e position parmi les sociétés de gestion françaises, toutes catégories de fonds confondues, et à la 2e place si on ne considère que les SCPI.
Des prix qui s'ajustent, des dividendes qui divergent
La revalorisation : un tableau contrasté
Si la collecte progresse, la photographie des prix et des dividendes distribués reste plus nuancée. Au premier trimestre 2026, les prix de part ont reculé en moyenne de 0,9 %. La grande majorité des SCPI (88 %) a maintenu son prix de souscription ; 8 % ont opté pour une baisse de valorisation, et seulement 4 % ont revalorisé à la hausse.
Du côté des dividendes potentiels versés aux associés, le tableau est hétérogène : 49 % des SCPI ont distribué un dividende en baisse par rapport au premier trimestre 2025, 24 % ont maintenu leur niveau, et 27 % ont affiché une progression. Autrement dit, un peu plus d'un quart du marché parvient à augmenter ses distributions, ce qui traduit des capacités de rebond très inégales selon la qualité des portefeuilles et les stratégies de gestion retenues.
Le taux de distribution moyen ressort à 1,14 % sur le seul premier trimestre (soit un niveau annualisé autour de 4,5 % brut), avec de fortes disparités.
Les parts en attente, un indicateur à surveiller
Le stock de parts en attente de retrait représentait 2,75 % de la capitalisation au 31 mars 2026, soit environ 2,44 milliards d'euros. Ce chiffre, loin d'être alarmant comparé aux niveaux observés fin 2023 et 2024, illustre que certaines SCPI continuent de faire face à des demandes de rachat qui excèdent la collecte entrante. La liste des véhicules concernés reste toutefois concentrée sur quelques cas spécifiques, essentiellement à prépondérance bureaux ou commerces.
Dans ce contexte, sept SCPI ont connu une suspension de la variabilité de leur capital depuis le début de 2026. Concrètement, ces véhicules ont provisoirement mis en pause leur mécanisme habituel d'entrée et de sortie des associés. Cette décision est généralement prise lorsque la société de gestion constate un déséquilibre trop important entre les demandes de retrait et les nouvelles souscriptions, l'objectif étant de réorganiser les échanges dans un cadre plus sécurisé sans pénaliser les associés restants.
Le premier trimestre 2026 marque un point d'inflexion encourageant. La collecte des SCPI reprend. La trajectoire reste cependant à confirmer sur les prochains trimestres, dans un environnement de taux et de marchés locatifs qui continue d'évoluer. Plus que jamais, la diversification et la rigueur de sélection des placements s'imposent comme les meilleurs alliés de l'épargnant.