Où placer son argent en 2026 ?

Alors que les Français se posent de plus en plus la question de la meilleure façon de faire fructifier leurs économies, le paysage économique à l’aube de 2026 est marqué par une inflation historiquement basse.
Après les épisodes de forte hausse des prix de 2022-2023, les dernières données publiées par l’Insee indiquent une progression des prix à la consommation de 0,8 % en décembre 2025 sur un an, un niveau bien en-dessous des moyennes des dernières années et très inférieur aux niveaux observés lors des pics inflationnistes précédents.
Mais cette faible inflation a aussi des implications directes sur les produits d’épargne. Les signaux macroéconomiques évoluent, les rendements se déplacent et les choix d’investissement demandent donc une réflexion structurée.
Livrets réglementés : la sécurité avant tout, mais à quel prix ?
Dans un environnement de faible inflation, les livrets réglementés conservent leur rôle premier : celui de l’épargne de précaution. Le Livret A, le livret de développement durable et solidaire (LDDS) ou encore le Livret d’épargne populaire (LEP) offrent une liquidité totale et une garantie du capital qui continuent de rassurer les épargnants. Mais leur rendement évolue en miroir de la conjoncture économique.
Après plusieurs révisions des taux à la baisse en 2024 et 2025, la rémunération du Livret A se situe actuellement à 1,7%. Cette évolution s’explique directement par sa formule de calcul, indexée notamment sur l’inflation publiée par l’Insee.
Dans ces conditions, les livrets réglementés conservent leur utilité pour faire face aux dépenses imprévues ou constituer une réserve de court terme, mais ils montrent rapidement leurs limites dès lors que l’objectif est de valoriser un capital sur plusieurs années.
Assurance vie : un cadre toujours central pour structurer son épargne
Face à l’érosion des rendements des placements sans risque, l’assurance vie demeure un pilier de la stratégie patrimoniale des Français. Sa force réside dans sa polyvalence : elle permet de combiner sécurité, diversification et fiscalité spécifique, à condition d’adopter une vision de moyen ou long terme.
Les fonds en euros, majoritairement investis en obligations, ont vu leurs performances progressivement se redresser avec la remontée des taux obligataires observée depuis 2022. Avec 4,10 % en 2025 (1), le fonds CORUM EuroLife reste largement au-dessus des livrets réglementés, même après fiscalité.
Il convient cependant de souligner que la récente baisse de l’inflation entraîne une diminution progressive des taux obligataires. Cela se reflète directement dans les performances actuelles des fonds obligataires, qui se situent désormais autour de 2 % à 3 %. Ce repli des rendements, bien qu’il offre une relative stabilité, rappelle que les perspectives de valorisation à moyen terme restent limitées pour ce type de support, surtout dans un contexte de faible inflation.
En revanche, l’assurance vie permet également d’accéder à des unités de compte investies sur les marchés financiers ou l’immobilier. Ces supports offrent un potentiel de rendement plus élevé, mais exposent l’épargnant à un risque de perte en capital. Dans un contexte économique plus stable, ils constituent néanmoins un levier de diversification apprécié pour ceux qui acceptent une part de variabilité.
Plan d’épargne retraite : un outil fiscal pour préparer l’avenir
Le Plan d’épargne retraite s’inscrit dans une logique différente. Il ne vise pas la disponibilité immédiate des fonds, mais la constitution progressive d’un capital destiné à compléter les revenus à la retraite. Son principal attrait réside dans l’avantage fiscal accordé à l’entrée : les versements peuvent être déduits du revenu imposable, dans certaines limites.
Cet avantage prend tout son sens pour les ménages fortement imposés, mais il implique une contrainte majeure : l’épargne est en principe bloquée jusqu’à l’âge de la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation.
En 2026, dans un contexte de rendements modérés, le PER reste avant tout un outil d’optimisation fiscale et de préparation de long terme, à intégrer dans une stratégie globale plutôt qu’à utiliser isolément.
SCPI : un investissement immobilier mutualisé
À côté de l’assurance vie et du Plan d’épargne retraite, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) retrouvent progressivement l’attention des épargnants. Après une période de ralentissement liée à l’ajustement des prix immobiliers et à la hausse des taux, le marché des SCPI montre des signes de reprise, portés par une stabilisation des taux directeurs. Leur spécificité ? Elles offrent un accès mutualisé à l’immobilier tertiaire : bureaux, commerces, santé, logistique... avec un rendement brut qui, bien que variable selon les sociétés de gestion, se situe généralement entre 4 % et 6 % (6,50% de rendement (2) en 2025 pour CORUM Origin, SCPI historique du groupe CORUM), ce qui est nettement supérieur aux livrets réglementés ou aux fonds euro classiques.
Ce placement présente néanmoins des spécificités à prendre en compte : le risque de perte en capital reste réel, la liquidité n’est pas immédiate et la fiscalité peut être significative selon le profil de l’épargnant. Les SCPI sont donc particulièrement adaptées à ceux qui souhaitent diversifier leur patrimoine sur le long terme et profiter du potentiel de l’immobilier, tout en acceptant une part de variabilité et d’illiquidité.
La faiblesse de l’inflation et la recomposition des rendements obligent les épargnants à dépasser les réflexes parfois solidement ancrés. En réalité, aucun placement ne répond à lui seul à l’ensemble des besoins : liquidité, sécurité, rendement et fiscalité ne se retrouvent jamais dans un produit unique.
La cohérence de la stratégie d’épargne repose avant tout sur l’adéquation entre les objectifs poursuivis et les caractéristiques de chaque solution. L’année 2026 ne s’annonce donc pas comme celle d’un arbitrage tranché, mais plutôt comme une répartition fine des placements, entre sécurité immédiate et recherche de performance sur le long terme.
(1) Performance de CORUM EuroLife exprimée nette des frais de gestion et avant prélèvements sociaux.
(2) Rendement : taux de distribution, défini comme le dividende brut, avant prélèvements français et étrangers (payés par la SCPI pour le compte de l’associé), versé au titre de l’année N (y compris les acomptes exceptionnels et quote-part de plus-values distribuées, 0,57 % pour CORUM Origin en 2025) divisé par le prix de souscription au 1er janvier de l’année N de la part.
Les produits commercialisés par CORUM L'Épargne sont des investissements long terme qui n’offrent aucune garantie de rendement ou de performance et présentent un risque de perte en capital et de liquidité. Les revenus ne sont pas garantis et dépendront de l’évolution des marchés immobilier et financier et du cours des devises. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Par
Faustine RIOT