Réforme des retraites : comment garder le cap sur vos revenus futurs ?
Au moment de partir à la retraite, une question devient très concrète : combien vous restera-t-il chaque mois, une fois le logement, les courses et les imprévus payés ?
Les annonces liées au budget 2027 rendent cette question encore plus présente. Le gouvernement a présenté le 1er octobre 2026 son projet de loi de finances et son projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le Parlement peut encore modifier ces textes. Rien n’est donc définitivement arrêté.
Budget 2027 : deux pistes qui pourraient peser sur les revenus des retraités
Le 24 septembre 2026, le ministre du Travail a évoqué plusieurs pistes concernant la revalorisation des pensions et leur fiscalité. Leurs modalités restent à discuter. Rien de définitif, donc, à ce stade.
Des pensions qui pourraient moins progresser que les prix
La désindexation consiste à ne plus faire évoluer les pensions au même rythme que les prix. Deux cas possibles :
- La sous-indexation des pensions permet leur hausse, mais plus faible que l’inflation.
- Le gel fige le montant de la pension à un niveau fixe.
Dans les deux cas, le résultat est le même : avec la même pension, vous pouvez acheter un peu moins qu’avant. Par exemple, si les prix augmentent de 2 % et votre pension de 1 %, votre pouvoir d’achat baisse forcément.
Les discussions portent notamment sur les pensions de base. Elles ne permettent pas, à ce stade, de conclure à un gel de toutes les retraites complémentaires.
Rappel :
Votre pension de retraite se compose généralement de :
- La retraite de base : versée par un régime obligatoire, par exemple l’Assurance retraite pour les salariés du privé. Elle est en principe revalorisée chaque année en fonction de l’inflation. C’est elle qui est principalement visée par les pistes évoquées.
- La retraite complémentaire : elle est également obligatoire et s’ajoute à la retraite de base, par exemple l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé. Sa revalorisation est décidée par les organismes qui la gèrent, selon leurs propres règles. Une mesure sur les pensions de base ne s’applique donc pas automatiquement aux complémentaires.
Un abattement fiscal qui pourrait changer
Aujourd’hui, pour calculer votre impôt sur le revenu, l’administration fiscale ne retient pas la totalité de votre pension : elle en retire d’abord 10 %. C’est ce qu’on appelle l’abattement de 10 %. Il ne change pas le montant de la pension que vous recevez, seulement le montant sur lequel vous êtes imposé.
Par exemple, pour une pension de 30 000 € par an, l’impôt est calculé sur 27 000 €. Cet abattement est toutefois plafonné : il ne peut pas dépasser 4 439 € par foyer fiscal.
Selon votre situation, une baisse de cet abattement pourrait augmenter la part de vos revenus soumise à l’impôt.
Commencez par estimer votre besoin
Quel revenu vous faudra-t-il demain ? Commencez par comparer vos dépenses avec votre retraite estimée.
Le service « Mon estimation retraite » d’Info Retraite s’appuie sur les informations connues de vos régimes. Il peut vous donner un premier repère, pas une garantie sur le montant de votre future pension. Considérez cette estimation comme une photo de votre situation connue aujourd’hui, pas comme une promesse gravée dans le marbre.
La différence entre vos dépenses et votre pension estimée donne un premier ordre de grandeur du complément à préparer.
Dans un second temps, regardez ce que votre budget vous permet d’épargner aujourd’hui.
Ne bloquez pas une somme dont vous pourriez avoir besoin. L’épargne retraite vient après la constitution d’une réserve pour les imprévus.
Le PER : mettre de côté pour la retraite
Le plan d’épargne retraite (PER) individuel est un produit d’épargne à long terme. Vous y versez de l’argent, ponctuellement ou régulièrement, pendant votre vie active. L’objectif : vous constituer, dans la durée, un capital ou un complément de revenus pour la retraite. (Le montant récupéré n'est pas garanti : il dépend de vos versements, des frais et de l'évolution des supports choisis).
En contrepartie, cette épargne reste en principe bloquée jusqu’à la retraite. La loi prévoit quelques exceptions, notamment pour certains accidents de la vie ou l’achat de la résidence principale, sous conditions.
Au moment de la retraite, vous pouvez récupérer votre épargne en capital, en une ou plusieurs fois. Vous pouvez aussi choisir une rente viagère, c’est-à-dire un revenu versé régulièrement jusqu’à votre décès. Selon les règles du plan, vous pouvez combiner capital et rente.
Attention : le choix d'une sortie en rente viagère se fait au moment de la liquidation du PER et est définitif. Vous ne pourrez plus opter pour une sortie en capital.
Enfin, vos versements peuvent être répartis sur différents supports proposés dans le PER. Certains présentent un risque de perte en capital. Les frais et l’évolution des marchés influencent aussi le montant que vous pourrez récupérer.
L’épargne accumulée sur le PER devient disponible à la première des deux dates suivantes :
- La date d’obtention de votre pension de retraite, notamment en cas de départ anticipé ;
- La date à laquelle vous atteignez l’âge légal de départ à la retraite, qui dépend de votre année de naissance.
PER : une déduction fiscale aujourd’hui, un impôt possible à la sortie
Les sommes que vous versez volontairement sur votre PER peuvent être déduites de votre revenu imposable, c’est-à-dire du montant sur lequel est calculé votre impôt sur le revenu. Cette déduction est possible sous conditions et dans la limite d’un plafond, indiqué chaque année sur votre avis d’impôt. Cette possibilité concerne, selon les règles actuelles, les versements effectués avant vos 70 ans. Mais cette déduction n’efface pas l’impôt : elle le reporte en partie au moment de la sortie.
Au moment de récupérer votre épargne en capital, l’impôt dépend du choix que vous avez fait lors de vos versements :
- Vous avez déduit vos versements de votre revenu imposable : selon les sommes que vous avez déposées sur votre PER, vous avez payé moins d’impôt l’année du versement. En contrepartie, les sommes versées seront ajoutées à vos revenus imposables l’année où vous les récupérez, c’est à dire une fois à la retraite.
- Vous n’avez pas déduit vos versements : vous n’avez eu aucun avantage fiscal au moment du versement. En contrepartie, les sommes versées ne seront pas soumises à l'impôt sur le revenu lorsque vous les récupérerez.
Le bon choix dépend donc de votre situation aujourd’hui et de vos revenus futurs estimés.
Vous ne pouvez pas prévoir la prochaine réforme. En revanche, vous pouvez dès aujourd’hui estimer l’écart entre vos dépenses futures et votre pension estimée. Ce chiffre ne vous dira pas où placer votre argent. Il vous aidera en revanche à savoir combien mettre de côté, en fonction de votre budget, du temps qui vous sépare de la retraite et de l’argent que vous souhaitez garder disponible.