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SCPI de déficit foncier

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En bref

Vous payez beaucoup d’impôts et cherchez à investir dans l’immobilier sans vous occuper des travaux ? Les SCPI de déficit foncier font partie des SCPI dites « fiscales » et peuvent être une solution intéressante, à condition d’en comprendre les avantages comme les limites.

  • Déficit foncier : permet de déduire les travaux de rénovation des revenus fonciers, jusqu’à 10 700 € par an sur le revenu global.
  • SCPI : vous achetez des parts d’une société qui gère l’acquisition, la rénovation et la location d’immeubles, sans gestion directe de votre part. En contrepartie de votre investissement, vous recevez des revenus potentiels issus des loyers.
  • Avantage du déficit foncier en SCPI : utile pour les investisseurs fortement imposés souhaitant réduire leur impôt tout en développant leur patrimoine immobilier, sans contraintes de gestion directe.
  • Risques : faible liquidité, fiscalité technique, et incertitudes sur les travaux et l’évolution du marché immobilier.

Les SCPI de déficit foncier sont un placement immobilier collectif permettant aux investisseurs d’acquérir des parts dans une société spécialisée dans la rénovation d’immeubles anciens. Ce type d’investissement offre un double avantage : la constitution d’un patrimoine immobilier diversifié et une fiscalité spécifique liée à la déduction des travaux sur les revenus fonciers, voire sur le revenu global.

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2. Mieux comprendre le mécanisme du déficit foncier

Le principe fiscal du déficit foncier

Le déficit foncier est un mécanisme fiscal qui permet aux investisseurs de déduire certaines charges de leurs revenus fonciers. Lorsqu’un bien immobilier génère plus de charges (notamment de travaux) que de revenus, un déficit se crée. Ce déficit foncier peut alors être utilisé pour réduire le montant de l’impôt.

Les travaux d'entretien, de rénovation ou de réparation engagés sur des immeubles anciens peuvent ainsi être intégralement déduits des revenus fonciers, sans plafond. En plus, dans la limite de 10 700 euros par année, ce déficit peut aussi s’imputer sur le revenu global du foyer fiscal, réduisant potentiellement l’impôt sur le revenu dû par l’investisseur. Par ailleurs, si le montant du déficit dépasse ce plafond, il peut être reporté sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Ce mécanisme, bien que techniquement complexe, est l’un des avantages fiscaux les plus utilisés dans le cadre de l’investissement immobilier locatif sous le régime réel d’imposition.

Le fonctionnement des SCPI de déficit foncier

Les SCPI de déficit foncier permettent quant à elles d’accéder à ce dispositif fiscal sans avoir à acheter soi-même un bien immobilier ni à gérer directement des travaux ou des locataires.

Concrètement, une société de gestion collecte des fonds auprès des investisseurs via la souscription de parts de SCPI. Elle utilise ensuite ce capital pour procéder à l’acquisition d’immeubles anciens, nécessitant des travaux de rénovation.

La société de gestion de la SCPI prend en charge l’ensemble de la gestion du parc : sélection des actifs, supervision des travaux, location des biens, suivi de la fiscalité applicable... Cela permet aux épargnants de bénéficier du déficit foncier, sans devoir gérer eux-mêmes un chantier ou une déclaration fiscale complexe. Les déductions fiscales liées aux travaux sont alors réparties entre les porteurs de parts, au prorata de leur investissement.

3. Les avantages des SCPI de déficit foncier

Un avantage fiscal immédiat

Le principal avantage des SCPI de déficit foncier réside dans leur capacité à offrir une réduction d’impôt grâce à la déduction des travaux sur les revenus fonciers, voire sur le revenu global. Comme nous venons de l’évoquer, les investisseurs peuvent déduire le montant des dépenses engagées pour la rénovation des immeubles anciens détenus par la société. Cela permet de créer un déficit foncier, qui vient réduire l’imposition du foyer fiscal.

Dans la limite de 10 700 euros par année, ce déficit peut alléger directement l’impôt dû, ce qui représente un atout particulièrement intéressant pour les contribuables ayant une tranche marginale d’imposition élevée. De plus, comme les déficits supérieurs à ce plafond peuvent être reportés sur les revenus fonciers pendant dix années, cela prolonge l’effet fiscal de ce dispositif dans le temps.

L’accessibilité

Contrairement à un investissement immobilier en direct qui nécessite souvent un capital élevé, les SCPI permettent une souscription à partir de quelques centaines ou milliers d’euros. Or, cela ouvre ce type de placement à un grand nombre d’épargnants.

Ce format permet ainsi à chacun de participer à un investissement immobilier à vocation fiscale, sans devoir mobiliser un montant trop important ni gérer seul un bien immobilier.

Une gestion professionnelle

Autre avantage notable : la gestion est totalement déléguée à une société spécialisée. Cette dernière prend en charge l’ensemble des opérations : sélection des immeubles, suivi des travaux, mise en location, déclaration fiscale, et même accompagnement à la revente des parts.

Cela évite aux investisseurs les contraintes habituelles de l’immobilier : aléas de chantier, recherche de locataires, suivi administratif… L'investissement dans une SCPI permet ainsi de bénéficier du déficit foncier sans les complications d’une gestion en direct, ce qui en fait un placement plus confortable et moins chronophage.

Une diversification du patrimoine

Investir dans une SCPI de déficit foncier, c’est aussi diversifier son patrimoine. En effet, chaque investisseur détient des parts d’un portefeuille d’immeubles, ce qui permet une mutualisation des risques.

Cette diversification est un atout par rapport à l’achat d’un seul bien en direct, plus exposé aux fluctuations du marché, aux impayés ou aux périodes de vacance locative. Grâce à ce type de placement, l’investisseur répartit les risques entre plusieurs immeubles, locataires, secteurs d’activité et zones géographiques. Il bénéficie ainsi d’une exposition mieux maîtrisée au marché immobilier, tout en poursuivant son objectif fiscal.

4. Les inconvénients et risques associés

Comme tout placement immobilier, les SCPI de déficit foncier comportent aussi des risques et des limites. Il est donc essentiel que chaque investisseur comprenne bien ces éléments avant de souscrire des parts et d’engager son capital.

Une rentabilité limitée

Les SCPI de déficit foncier ne visent pas un rendement immédiat élevé. En effet, une grande partie du montant investi est consacrée aux travaux de rénovation, ce qui retarde souvent la mise en location des immeubles. Par conséquent, les revenus fonciers distribués durant les premières années peuvent être faibles, voire inexistants.

Il est donc important de bien évaluer ses attentes en termes de revenus avant de choisir ce type de placement.

Une liquidité restreinte

Les parts de SCPI de déficit foncier sont destinées à être conservées sur une longue période, souvent 15 années ou plus. Globalement, cela correspond au temps nécessaire pour que les travaux soient achevés, que les biens soient loués, et que les avantages fiscaux soient pleinement perçus.

En réalité, la revente des parts avant ce terme est possible, mais elle peut s’avérer difficile. De plus, le prix de revente des parts peut alors être inférieur au prix de souscription. Enfin, une cession anticipée peut également remettre en cause certains avantages fiscaux, avec un risque de requalification par l’administration fiscale.

Les risques liés aux travaux

Les travaux de rénovation, cœur du dispositif de déficit foncier, ne sont pas sans risques. Des dépassements de budget, des retards ou des difficultés techniques peuvent impacter la rentabilité du placement.

Par exemple, si les travaux prennent du retard, cela retarde la location des biens et donc la perception de revenus fonciers.

Une fiscalité plus complexe

Sur le plan fiscal, et tout comme d’autres SCPI fiscales (comme les SCPI Pinel ou Malraux) les SCPI de déficit foncier requièrent une bonne compréhension du régime applicable. L’investisseur est imposé au régime réel, ce qui implique une déclaration détaillée des revenus, des charges, des travaux et des déductions. Il peut aussi devoir gérer des règles spécifiques sur l’imputation du déficit sur le revenu global, avec certaines limites et conditions.

À noter également : les revenus fonciers distribués par la société de gestion sont soumis à l’impôt sur le revenu selon la tranche marginale du foyer fiscal, ainsi qu’aux prélèvements sociaux. Il est donc possible que l’imposition globale reste significative malgré les avantages fiscaux.

Enfin, toute erreur dans la déclaration ou une revente prématurée des parts peut entraîner une perte partielle des avantages fiscaux, voire un redressement en cas de non-respect des conditions prévues par la loi.

5. Le profil type de l’investisseur concerné

Les SCPI de déficit foncier ne sont pas adaptées à tous les profils. Ce type de placement immobilier présente une fiscalité intéressante, mais aussi des risques et des contraintes spécifiques. Il est donc essentiel que chaque investisseur s’assure de la compatibilité entre ses objectifs, sa situation personnelle et les caractéristiques de cette stratégie d’investissement immobilier.

Un investisseur fortement imposé

Le déficit foncier peut être efficace pour les investisseurs soumis à une tranche marginale d’imposition élevée. En déduisant les travaux réalisés par la SCPI sur les immeubles acquis, l’investisseur peut réduire son impôt sur le revenu global, dans la limite de 10 700 euros par année.

Les foyers fiscaux fortement imposés peuvent ainsi bénéficier d’un avantage fiscal immédiat, et prolonger cette optimisation en reportant les déficits fonciers non utilisés sur les revenus fonciers futurs (pendant 10 ans). Ce mécanisme fiscal permet d’alléger la fiscalité globale sur plusieurs années, ce qui renforce l’intérêt du placement.

Un horizon de placement long terme

Les SCPI de déficit foncier s’adressent à des investisseurs capables d’immobiliser leur capital sur une longue durée, pour au moins 10 à 15 années. Ce délai est nécessaire pour que les travaux de rénovation soient réalisés, que les biens soient mis en location, et que les avantages fiscaux soient pleinement perçus.

Ce type d’investissement immobilier ne convient donc pas à ceux qui cherchent un rendement rapide ou une revente facile à court terme. La liquidité étant limitée, mieux vaut considérer cet investissement comme une composante de long terme dans une stratégie patrimoniale diversifiée.

Un investisseur recherchant une diversification de son patrimoine

La SCPI de déficit foncier permet de diversifier intelligemment un patrimoine existant, qu’il soit financier ou immobilier. En souscrivant des parts de cette société, l’investisseur accède à un portefeuille d’immeubles anciens, avec une diversification géographique et sectorielle, ce qui contribue à limiter les risques liés à un seul actif ou marché. Elle permet également de bénéficier d’un placement dans la pierre sans gestion directe, tout en profitant d’un cadre fiscal spécifique.

Un investisseur prêt à accepter une fiscalité technique

Enfin, ce placement s’adresse à des investisseurs conscients de la complexité du cadre fiscal. Le déficit foncier, bien que bénéfique, implique des règles précises d’imputation, des obligations déclaratives, et une bonne compréhension des impacts en cas de revente anticipée.

Il est donc recommandé d’être accompagné par un professionnel pour optimiser la souscription, le suivi et la déduction des charges.

Les SCPI de déficit foncier sont des placements qui s’adressent aux investisseurs avisés, prêts à immobiliser leur capital pour construire un patrimoine durable tout en allégeant leur imposition. Comme toujours en matière de fiscalité et d’immobiliers, une bonne compréhension et un accompagnement adapté sont les clés d’un investissement réussi.

 

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