PER
Publié le 18.02.2026

En matière d’investissements financiers, chaque changement fiscal peut impliquer un ajustement de stratégie. Avec l’adoption définitive du Projet de Loi de Finances 2026(PLF 26), plusieurs règles clés du Plan Épargne Retraite (PER) évoluent à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.

L’essentiel : la déduction fiscale possible à l’entrée du PER s’arrête à 70 ans et le mécanisme de déduction devient plus souple grâce à un report étendu des plafonds non utilisés sur cinq ans. Faisons le point.

Quand l’âge devient un seuil décisif pour la fiscalité

 

Jusqu’à présent, un contribuable pouvait déduire les versements réalisés sur son PER du revenu imposable, quel que soit son âge, à condition de respecter les plafonds annuels imposés par la réglementation.

L’adoption du PLF 26 entérine une règle différente à compter de 2026 : les versements effectués après 70 ans ne sont désormais plus déductibles du revenu imposable.

Cette évolution n’interdit pas de continuer à alimenter son PER au-delà de 70 ans. Mais elle en change en revanche la logique fiscale :

  • Pour un versement réalisé après 70 ans, il n’existe plus aucune réduction d’impôt à l’entrée ; les sommes sont simplement investies sans avantage immédiat.
  • En contrepartie, à la sortie en capital, ces versements non déduits ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Seuls les gains potentiels générés sont taxés au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 31,4 %.
  • En cas de sortie en rente, l’imposition suit le régime des rentes viagères à titre onéreux. Le pourcentage imposable dépend de l'âge de l’épargnant au moment de la première mise en paiement de la rente : plus il est âgé, moins la part imposable est élevée. Le reste de la rente est considéré comme un remboursement du capital investi et n’est donc pas imposé.

Cette modification invite d’autant plus à réfléchir au calendrier et au poids fiscal de chaque versement, en particulier pour les épargnants approchant de cet âge pivot.

Autre modification : le report des plafonds non utilisés, pour une capacité de déduction plus ample

 

L’autre mesure notable du PLF 26 concerne le plafond de déduction fiscale du PER non utilisé.

En effet, jusqu’à présent, si vous n’utilisiez pas entièrement le montant maximum déductible du PER sur une année donnée, vous ne perdiez pas ce droit : vous pouviez l’utiliser plus tard, sur trois ans maximum.

Désormais, avec la réforme du PLF 26, ce délai passe à cinq ans : vous disposez donc de plus de temps pour profiter de votre capacité de déduction non utilisée. Cela rend le fonctionnement du PER plus souple, surtout si vos revenus varient d’une année sur l’autre ou si vous souhaitez étaler vos versements sur plusieurs années.

Ce changement apporte plus de flexibilité pour optimiser ses versements :

  • Il devient possible de lisser ses apports dans le temps, sans se précipiter pour consommer l’intégralité de son plafond en une seule année.
  • Les périodes de revenus plus faibles ou de projets financiers conséquents imposent moins de devoir s'adapter à des contraintes fiscales pour verser immédiatement sur son PER.
  • Les contribuables qui n’avaient pas ouvert de PER ou n’avaient que peu versé peuvent rattraper davantage de plafonds ultérieurement.

Comment fonctionnent les plafonds du PER en 2026 ?

 

Les sommes versées sur le PER et ayant été déduites du revenu imposable à l’entrée sont, en contrepartie, soumises à l’impôt sur le revenu lors de la sortie, que ce soit sous forme de capital ou de rente. Cette mécanique est généralement avantageuse pour l’investisseur : en effet, le taux d’imposition appliqué à la retraite est généralement inférieur à celui de la vie active, même si l’impact fiscal dépend de la situation personnelle de chacun.

Pour autant, les sommes déductibles chaque année du revenu imposable ne sont pas illimitées.

Le « plafond de déduction fiscale » est un montant maximal de versements sur le Plan Épargne Retraite (PER) que l’épargnant peut déduire de son revenu imposable chaque année. En d’autres termes, ce plafond détermine jusqu’où les versements peuvent réduire l’impôt sur le revenu. Si l’épargnant verse plus que le plafond autorisé, l’excédent n’est pas pris en compte pour la déduction fiscale.

  • Les plafonds de déduction fiscale du PER reposent sur deux paramètres : 
    D’une part, 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, nets de cotisations.
  • D’autre part, une limite maximale annuelle indexée sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).

 

Le plafond retenu est toujours le plus élevé des deux.

À noter : les travailleurs non salariés bénéficient d’un plafond de déduction plus élevé que les salariés et fonctionnaires, qui équivaut à 8 PASS, afin de tenir compte de niveaux de retraite obligatoire généralement plus faibles.

Quelques exemples pratiques

  • Un travailleur non salarié peut déduire jusqu’à 10 % de son bénéfice imposable dans la limite de son plafond, qui peut atteindre 88 911 € en 2026.
  • Pour un salarié ou fonctionnaire, c’est aussi 10 % des revenus d’activité, plafonnés à 38 448 €.

Ajuster sa stratégie : anticiper pour maximiser les avantages

 

La disparition de la déductibilité des versements après 70 ans oblige à repenser le timing des apports sur le PER avant cet âge clé. Cette limite de 70 ans n’est d’ailleurs pas propre au PER : elle constitue également un seuil décisif en matière d’assurance vie. En effet, pour les contrats d’assurance vie, les versements effectués avant 70 ans bénéficient d’avantages fiscaux spécifiques en cas de succession, alors qu’au-delà, la fiscalité devient moins favorable.

Une bonne pratique : concentrer les versements les plus significatifs avant 70 ans, que ce soit sur le PER ou sur l’assurance vie, afin de bénéficier pleinement des avantages fiscaux à l’entrée ou en matière de transmission.

Plus largement, en matière d’épargne, le plus tôt est souvent le mieux : commencer à épargner tôt permet non seulement d’optimiser la fiscalité, mais aussi de lisser les efforts d’épargne dans le temps et de profiter pleinement de la capitalisation.

Au-delà de l’aspect fiscal, ces évolutions réaffirment le rôle premier du Plan Épargne Retraite, à savoir la préparation progressive et anticipée de la retraite. Le législateur semble ainsi encourager une logique d’épargne construite dans la durée, où l’anticipation joue un rôle clé pour maximiser les bénéfices potentiels à long terme.

Les ajustements introduits à compter de 2026 redessinent donc le cadre d’utilisation du PER. La fin de la déductibilité après 70 ans, combinée à l’extension du report des plafonds non utilisés à cinq ans, invite à une meilleure planification des versements en amont.

Des solutions comme le PER CORUM PERLife s’inscrivent précisément dans cette logique, en accompagnant l’épargnant sur le long terme, avec une approche centrée sur la retraite et non sur la simple optimisation fiscale de court terme.