Assurance vie
Publié le 30.06.2026

L'argent reste-t-il un sujet tabou en France ? Moins qu'on ne le croit. CORUM L'Épargne publie ce mois-ci son tout premier baromètre, réalisé par OpinionWay du 2 au 8 avril 2026 auprès de 1 004 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Baptisé « Générations Épargne », ce baromètre explore les conversations sur l'argent au sein des familles, les réflexes d'orientation financière selon les générations, et les grandes préoccupations qui traversent la société : la retraite, l'avenir des enfants, le rapport au risque… Portrait d'une France qui parle d'argent.

Parler d'argent en famille : la règle, pas l'exception

C'est peut-être la donnée la plus surprenante de ce premier baromètre : 81 % des Français se disent ouverts à aborder les questions financières avec leurs proches.

Seulement 11 % jugent encore ce sujet tabou. L'image d'une France pudique sur l'argent, héritage d'une certaine culture de la discrétion financière, semble donc moins refléter la réalité des conversations familiales qu'on ne le suppose.

L'interlocuteur de référence reste le conjoint ou partenaire, cité par 58 % des répondants, suivi des autres membres de la famille (39 %), des parents (38 %) et des amis proches (37 %). La cellule familiale s'impose ainsi comme premier espace de confiance financière, bien avant l'expert ou le conseiller professionnel.

Reste que parler d'argent en famille ne signifie pas nécessairement en parler avec les bons outils. L'ouverture à la discussion n'emporte pas automatiquement avec elle la culture financière, comme le révèlent d'autres résultats de l'enquête.

Famille, banquier ou intelligence artificielle : qui guide vraiment les décisions ?

Imaginons un scénario concret : vous avez 5 000 euros à placer. Vers qui vous tournez-vous en premier ? La réponse varie selon les générations, et les écarts sont révélateurs.

Chez les 18-24 ans, le premier réflexe reste la famille (75 %), devant le banquier (73 %). Mais 30 % d'entre eux envisagent également de consulter une intelligence artificielle pour ce type de décision. Plus frappant encore : 24 % des 18-24 ans déclarent faire davantage confiance à l'IA qu'à leur banquier. À l'opposé, 81 % des 50-64 ans n'ont encore jamais eu recours à l'intelligence artificielle pour leurs finances.

Ce fossé générationnel dessine deux rapports très différents à l'information financière : l'un ancré dans la relation humaine et institutionnelle, l'autre plus fragmenté et nativement numérique.

L'éducation financière, un chantier que les Français veulent ouvrir à l'école

Il s'agit de l'un des enseignements les plus nets du baromètre : 82 % des Français estiment que l'école devrait jouer un rôle dans l'éducation financière. Ce chiffre monte à 95 % chez les 18-24 ans, une cohérence presque poignante : ceux qui ont le plus besoin de cette formation sont aussi les plus demandeurs.

La demande est massive, transversale et clairement perçue comme une mission de service public.

Et c'est précisément aussi pour contribuer à ce débat que CORUM L'Épargne a conçu ce baromètre annuel : poser des données publiques sur un sujet qui en manque, et documenter l'évolution des comportements et des représentations autour de l'épargne en France.

Les regrets en témoignent eux aussi. 42 % des Français disent regretter de ne pas avoir davantage épargné ou investi. Cette proportion monte à 49 % chez les 50-64 ans, soit des personnes en fin de carrière qui approchent de la retraite avec le sentiment que les années de jeunesse auraient pu être mises plus à profit.

Retraite et risque : deux préoccupations très françaises

Sur la retraite, les chiffres sont éloquents. 66 % des non-retraités se disent inquiets de leur avenir financier après leur départ du monde du travail, dont 26 % se déclarent très inquiets. Une anxiété qui se diffuse aussi à travers les générations : 59 % des Français s'inquiètent pour l'avenir financier de leurs enfants, et 39 % pour celui de leurs parents.

Face à cette incertitude, la réponse dominante reste la prudence. 88 % des sondés préfèrent limiter les risques dans leurs choix financiers, et seuls 12 % déclarent en accepter. Parmi ceux qui limitent les risques, 64 % ne souhaitent en prendre aucun, quand 24 % en acceptent un peu. Seuls 20 % des 18-24 ans se montrent prêts à prendre des risques financiers, contre 5 % chez les 65 ans et plus.

Cette aversion au risque n'est pas irrationnelle : elle reflète souvent une méconnaissance des produits d'épargne qui permettrait de calibrer, de façon éclairée, le niveau de risque en fonction de ses objectifs et de son horizon d'investissement. Car oui, c'est en comprenant mieux les produits disponibles que l'on fait un choix informé, ni excessivement prudent ni inconsidéré.

Épargner tôt : une conviction partagée, mais un passage à l'acte qui se dérobe

55 % des Français considèrent qu'il faut commencer à épargner dès le début de la vie active. 41 % des 18-24 ans vont encore plus loin : pour eux, cela devrait commencer dès les études. La conviction que le temps joue en faveur de l'épargnant est bien ancrée.

C'est là que le paradoxe se fait sentir. Si 55 % pensent qu'il faut épargner tôt, 42 % regrettent de ne pas l'avoir fait. L'intention et l'action ne coïncident pas : entre les deux, il y a souvent un manque d'accompagnement, une impression que les produits d'épargne sont réservés à ceux qui savent déjà, ou simplement la difficulté de passer du désir vague à la décision concrète.

Ce premier baromètre « Générations Épargne » dresse un état des lieux nuancé. Les Français parlent d'argent, s'inquiètent pour leur avenir et celui de leurs proches, reconnaissent l'importance d'épargner tôt, mais restent largement démunis face aux choix concrets. La demande d'éducation financière est forte. L'anxiété liée à la retraite, réelle.

Ce baromètre a vocation à être reconduit chaque année, afin de poser des jalons pour suivre l'évolution des comportements et des mentalités autour de l'épargne en France. Un premier pas vers un dialogue public plus documenté sur un sujet qui touche tout le monde, à chaque âge de la vie.