L'été, l'heure des grandes conversations sur l'argent
Entre deux baignades et une partie de pétanque, les vacances en famille ont parfois ceci de particulier : elles créent des conditions parfaites pour discuter. On prend le temps, on se retrouve, on laisse les conversations déborder au-delà du menu du soir… Et parfois, on aborde des sujets qu'on reporte tout le reste de l'année. L'argent, l'épargne, la retraite font-ils partie du lot ? Moins tabous qu'on ne le suppose, selon le 1er Baromètre CORUM Générations Épargne 2026, réalisé par OpinionWay.
81 % des Français ouverts à en parler : le mythe du tabou s'effrite
Les vacances en famille sont, souvent sans qu'on le formalise, un moment propice aux discussions sur les finances personnelles. En réalité, les Français y sont bien plus disposés qu'on ne le croit. 81 % des Français se disent ouverts à aborder les questions financières avec leurs proches, selon le Baromètre CORUM Générations Épargne 2026. Seulement 11 % considèrent encore ce sujet comme tabou. Cette donnée bat en brèche un cliché tenace : celui d'une France pudique sur l'argent, héritière d'une culture de la discrétion qui aurait rendu les questions financières presque indécentes à table.
La réalité est visiblement différente. L'interlocuteur de référence reste le conjoint ou partenaire, cité par 58 % des répondants. Viennent ensuite les autres membres de la famille (39 %), les parents (38 %) et les amis proches (37 %). La cellule familiale s'impose comme premier espace de confiance financière, bien avant le conseiller ou le banquier.
Reste que cette ouverture à la parole n'emporte pas nécessairement avec elle les bons outils pour agir. On parle d'argent en famille, mais on ne dispose pas toujours de la culture financière pour transformer ces échanges en décisions éclairées.
Entre générations, des réflexes très différents
Imaginez la scène : vous venez de recevoir une prime ou un héritage. 5 000 euros à placer. Vers qui vous tournez-vous instinctivement ? La réponse varie considérablement selon l'âge, et ces écarts dessinent des fractures générationnelles bien réelles.
Chez les 18-24 ans, le premier réflexe reste familial (75 %), à peine devant le banquier (73 %). Mais ce qui change, c'est ce qui vient juste après : 30 % des 18-24 ans envisagent de consulter une intelligence artificielle pour prendre ce type de décision. Plus frappant encore : 24 % d'entre eux déclarent faire davantage confiance à l'IA qu'à leur banquier. À l'opposé, 81 % des 50-64 ans n'ont encore jamais eu recours à l'IA dans ce cadre.
Ce fossé dessine deux rapports très différents à l'information financière. D'un côté, une génération ancrée dans la relation humaine et institutionnelle. De l'autre, une génération plus fragmentée dans ses sources, nativement numérique, qui navigue entre conseils familiaux et algorithmes.
La retraite, grand sujet d'inquiétude partagé
Difficile d'évoquer les finances en famille sans que la retraite surgisse dans la conversation. C'est souvent la préoccupation qui unit le plus nettement les générations, chacune à sa façon et depuis son propre horizon.
Le baromètre le confirme avec une netteté qui interpelle : 66 % des non-retraités se disent inquiets de leur avenir financier après leur départ du monde du travail, dont 26 % se déclarent très inquiets.
Et cette anxiété ne reste pas cloisonnée à l'individu. Elle se diffuse à travers les générations : 59 % des Français s'inquiètent pour l'avenir financier de leurs enfants, et 39 % pour celui de leurs parents.
Face à cette incertitude, le réflexe dominant reste la prudence. 88 % des sondés préfèrent limiter les risques dans leurs choix financiers.
Cette aversion au risque n'est pas irrationnelle. Elle reflète souvent une méconnaissance des produits d'épargne disponibles, et de la façon dont ils permettent de calibrer, selon ses objectifs et son horizon d'investissement, le niveau de risque que l'on est réellement prêt à assumer.
82 % des Français veulent que l'école s'en mêle
C'est pourquoi, parmi les données les plus nettes du baromètre, celle-ci retient l'attention : 82 % des Français estiment que l'école devrait jouer un rôle dans l'éducation financière.
La demande est massive, transversale, et perçue comme une mission de service public. Mais en attendant que l'école joue ce rôle, la famille reste le premier relais. Et les vacances, avec leur rythme différent, leurs conversations qui débordent, leurs transmissions informelles, sont l'un de ces espaces où quelque chose peut se passer.
Et c'est aussi pour contribuer à ce débat public que CORUM a conçu ce baromètre annuel : poser des données chiffrées sur un sujet qui en manquait, et suivre dans le temps l'évolution des comportements et des représentations autour de l'épargne en France.
Le baromètre CORUM Générations Épargne 2026 dresse le portrait d'une France qui parle d'argent bien plus qu'on ne l'imaginait, mais qui manque souvent de repères pour passer de la parole à l'action.