Fonds obligataire
Assurance vie

Rendements des fonds en euros : jusqu’où vont-ils descendre ?

Balayant l’actualité 2021, Baptiste Bruneau revient avec Frédéric Puzin, fondateur de CORUM L’Épargne, sur l’évolution de l’assurance vie. Pourquoi les fonds en euro ne rapportent-ils plus autant qu’avant, et vers quelles solutions l’épargnant peut-il se tourner à la place ?

Les produits commercialisés par CORUM L’Épargne sont des investissements long terme qui présentent un risque de perte en capital, aucune garantie de revenus et une liquidité limitée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

 

Retranscription de la vidéo extrait du webinaire du 8 décembre 2021 : Les 5 grandes questions que vous nous avez posées en 2021 : 

Baptiste Bruneau

Peut-être que tu peux rappeler ce qu'il y a dans les fonds en euro, et du coup ce sera peut-être plus clair pour tout le monde, qui voient leur rendement baisser : pourquoi et jusqu'où ?

Frédéric Puzin

Alors ces pauvres fonds en euros, qu'est ce qui s'est passé : il y a 15-20 ans, c'est vrai qu'il y avait pas mal d'inflation. Et puis il y a des États qui avaient vraiment besoin d'argent pour tenir leur budget. Donc on rémunérait les États qui acceptaient de rémunérer leurs dettes très cher, mais parce qu'il avait aussi l'inflation… Donc les fonds en euro à capital garanti, c'est pour ça qu'il y a du papier d'État dedans : parce qu’en théorie l'État est infaillible, et l'État c'est la dette qui est très liquide, que vous pouvez revendre très vite. Donc vous aviez la dette d'État qui était jusqu'à 10-11 %, et on a eu l’idée de ces fameux fonds en euro, qui avaient des rendements très élevés et étaient liquides immédiatement. Vous alliez voir votre assureur, votre assurance-vie était remboursée instantanément, c'était un produit d’épargne magique. Le problème est que les États ont rémunéré de moins en moins cher la dette qu’ils empruntaient. Et nous sommes arrivés à une situation depuis quelques années où la dette était à 0 voire négative. C'est pour ça que vous voyez l'évolution du fonds en euro, qui a baissé tendanciellement pour se rapprocher d’un peu plus de 1 % sans doute en 2021.

Baptiste

Et donc là avec l'inflation, c'est un peu comme prêter à un taux négatif finalement, en tout cas perdre du pouvoir d'achat ?

Frédéric

C'est-à-dire que vous placez votre argent, vous allez le récupérer avec 1,14 % de taux d'intérêt. Mais de l'autre côté si vous avez une inflation à 4 % - nous ne sommes pas très loin de ça sur les derniers mois - cela veut dire que tous les ans vous allez perdre 3 % de votre capital.

Baptiste 

Et donc pour répondre à la question : jusqu'où les rendements vont-ils descendre et combien de temps ça va durer ? Parce que si les taux remontent, nous pouvons nous dire que les rendements des fonds en euro vont remonter, en tout cas nous pouvons nous dire ça rapidement ?

Frédéric

Là pour qu'ils augmentent, il faut bien comprendre que tout ça est un système de vases communicants. En fait les fonds en euro, comme n'importe quel fonds, c'est un peu comme une péniche : ils sont partis il y a une dizaine-quinzaine d'années avec des rendements très élevés parce qu’ils achetaient des obligations d'État qui étaient très bien rémunérées. Au fur et à mesure, la collecte des épargnants est arrivée, il a fallu qu'ils rachètent de nouveaux papiers d'État - qui eux étaient de moins en moins rémunérés.

Aujourd'hui cela fait 3-4 ans que ces fonds en euro ont beaucoup collecté, avec des obligations d'État qui ramènent 0. Donc les péniches se sont enfoncées, vraiment près du niveau de l'eau, et il y a une seule façon de les faire remonter : faire en sorte que les épargnants amènent de l'argent frais et que les compagnies d’assurance achètent du papier d'État qui soit un peu mieux rémunéré, donc pouvoir remonter à 1, 2 ou 3 %. Mais vous voyez bien qu’avec toute la masse qui a été accumulée il va falloir des années pour que le fonds en euro voit sa rémunération remonter. Les épargnants acceptent demain matin par exemple, avec une inflation à 3 %, d’aller acheter un fonds en euro qui par définition - même s'ils arrivent à racheter du papier avec plus de rentabilité - remonte peut-être à 2 %... Cela va être quand même compliqué commercialement, et les épargnants vont avoir un peu de mal à placer dans des produits d’épargne qui n'auront pas de rentabilité voire une rentabilité négative.

Baptiste 

C’est quoi la solution ?

Frédéric 

La solution… Tu poses la question à dessein, je vois bien où tu veux en venir, mon cher Baptiste. La solution est d'aller sur des produits d'épargne dynamiques qui suivent l'évolution des marchés, qui ont déjà des rendements élevés et qui vont pouvoir grâce à leurs performances, attirer de la collecte, attirer de l'épargne et la réinvestir encore de meilleures conditions, par rapport à des conditions de marché qui vont offrir de meilleurs rendements. C’est tout l'intérêt - et nous voyons son succès croissant - de l'autre mode d'assurance vie, ou là le capital n’est pas garanti. C'est un sujet : votre capital n'est pas garanti, il faut l'accepter.

Mais nous sortons d'un monde où vous aviez un capital garanti et des rendements très élevés, ce qui était aussi une forme d'anomalie, à aujourd'hui une situation dans laquelle vous avez potentiellement une autre solution - qui n’a pas de capital garanti mais où vous allez avoir des rendements plus élevés. Ce qui n'est pas illogique, cela s'appelle une prime de risque : en contrepartie de plus de risque, vous avez théoriquement plus de rentabilité. C'est tout le succès de ce qui s’appelle l'assurance vie en unités de compte, qui n'achète pas d'obligations d'État, qui ne garantit pas le capital, mais qui en revanche va acheter des obligations, de l’immobilier à travers les SCPI - avec des performances beaucoup plus importantes, où il y a plus de risques.

Baptiste 

Plus de risques, ok, donc il faut l'accepter. Merci Frédéric.

Frédéric 

Si je peux me permettre Baptiste, il y a potentiellement plus de risques. Par contre ce qui est sûr, c'est qu’acheter du fonds en euro avec des rendements à 1,3 % et une inflation à 4 %, vous n'êtes plus dans le domaine du risque : vous êtes dans la perte certaine.

Photographie : Christian Dubovan / unsplash.com

Partager cet article